24 juin 2009

A head stuck on a pike no longer conspires (ou Brawl with a pig and you go away with his stink)


Comme vous tous, j'ai attendu le résultat des élections législatives libanaises en retenant mon souffle. J'ai été heureux quand il a été évident qu'Aoun mordait la poussière, et puis j'ai recommencé à retenir ma respiration dans l'attente d'éventuelles batailles de rue comme le Liban en a l'habitude au sortir d'élections, de matches de foot ou quand les FSI ont un peu trop picolé. Comme il faut bien respirer de temps en temps, j'ai décidé de recommencer, d'autant qu'il ne se passe finalement pas grand chose au Liban et que l'attention internationale est concentrée sur l'Iran et ses élections truquées. C'est rassurant de se rendre compte qu'au final, il suffit que ça mal en Iran pour que ça aille bien au Liban. L'effet papillon, les vases communicants, ou alors la téléportation barbue. Souhaitons donc que ça continue à aller mal en Iran. Attention, c'est une blague, un peu comme les élections iraniennes.

On remarque que le hezbollah est étrangement calme, tout juste se fend-il d'un commentaire sur la nouvelle marotte de Sarkozy, le traque-burqa. Se rendre compte en 2009 que la burqa n'est même pas utile en cas de camping et qu'elle n'est ni waterproof, ni stoning-proof, ni choisi librement par celle qui la porte montre une grande ouverture d'esprit. Ouverture symbolisée par l'arrivée au gouvernement de Fred Mitterrand, ce qui est formidable. Tout simplement formidable. Un peu comme le rapprochement de Netanyahou qui favoriserait, raconte-t-on, les rapports avec la France plutôt qu'avec un Obama moins coulant que son prédécesseur. On a l'impression, en voyant les informations, d'une formidable valse en politique qui ne change rien, mais fait tourner les têtes. Après tout, c'est l'été. En conséquence, et puisque ce blog est consacré au Liban, je me fais une joie de le mettre en veilleuse pour les meilleures raisons qui soit : l'absence de problèmes libanais, en espérant un été calme, puis un automne du même acabit, suivi d'un hiver paisible et d'un printemps joyeux. Il est bon de n'avoir pas à s'inquiéter de temps en temps et de l'écrire, mais gardons quand même un oeil sur les barbus qui restent toujours les rois de la suprise party.

|

01 juin 2009

Septs Juin



D'un côté, vous avez les élections européennes, sans aucun enjeu, dépourvues de vision et emmenées par des leaders sans charisme à l'image de l'Union. De l'autre, vous avez un choix de civilisation avec des démantèlements de réseaux d'espions, des procès de terroristes, des attaques qui passent de verbales à armées et des grandes manoeuvres militaires sur fond de tirs de missiles nucléaires nord-coréens. Franchement, je vous le demande, franchement, quel est l'enjeu électoral qui, ce dimanche 7 juin, va le plus retenir votre attention ? 

Chaque jour qui passe amène son lot de révélations fantastiques : la semaine dernière, Der Spiegel affirmait que le hezbollah, grâce à ses forces spéciales, avait assassiné Rafic Hariri, ce qui bien sûr a été contré par le parti de dieu au motif que les liens entre l'hebdomadaire allemand et l'Etat hébreu sont bien connus. En retour, les procès en sorcellerie, ou officiellement contre les espions du Mossad risquent d'incriminer la moitié de la population libanaise, en tout cas de l'armée. De plus, il ne faut pas oublier que le réseau du hezbollah passera en jugement cette semaine en Egypte, et que même l'Azerbaïjan accuse le parti 100% barbu d'avoir ourdi une attaque contre l'ambassade israélienne. Le 8 mars, se sentant débordé à l'extérieur, lance toutes ses forces à l'intérieur du Liban et encourage Aoun à faire ce qu'il sait si bien faire : délirer complètement. Le voilà donc qui accuse Geagea d'être un exécuteur, un tueur de sang-froid, ce qui, quand on connaît un tantinet l'histoire du Liban, rappelle l'histoire de l'hôpital qui se fout de la charité ou vice-versa. Et Israël a donc la bonne idée de se lancer dans les plus grandes manoeuvres de défense de son histoire, afin peut-être d'oublier la médiocrité de son action durant la guerre de juillet 2006. J'en oublie, mais voilà pour le plus excitant. 

Egyptian Foreign Minister Ahmed Abul Gheit on Sunday said that a suspected Hizbullah cell will' "pay the price" for the party's violation of Egypt's sovereignty.

    "There is no way to overcome the Hizbullah issue. Egypt has a problem with this party and its leadership," he said.

    "It is unacceptable for one side to believe that its own vision of how to help the Palestinians gives it the right to act at the expense of another country's sovereignty… This is completely intolerable," he added.

    "It was a sad day in Egypt when (Hizbullah chief Sayyed Hassan) Nasrallah reacted to the discovery of the cell by saying 'why not?'"

    "I tell him: you have crossed the line. Not only the red lines, but also any kind of respect for the state of Egypt and this cell will pay the price. (Naharnet)



Bordel sans nom. On se rappelle pourquoi le Liban est tellement fascinant : il se passe toujours quelque chose d'incroyable. Il manque l'écrivain qui saura raconter le roman du Liban, avec ses féodalités, ses coups bas, ses complots, ses haines et ses amours, son universalité. Le 7 juin, est-ce que tout peut vraiment s'arrêter en cas de victoire des fascistes du 8 mars ? Le 14 mars est, reconnaissons-le, à peine mieux, avec un traître professionnel patron des druzes, un chef de guerre chrétien fanatique et un fils-à-papa sunnite bien incapable en politique, le tout soutenu par une étrange coalition occident-Arabie saoudite. On l'a dit et répété ici et ailleurs, le 14 mars n'est pas la panacée, mais ça reste mieux qu'un mégalomane sénile orangé, un barbu capitaine des enfers et quelques roitelets de banlieue avides de revanche et de territoire. Les paris sont ouverts : chaque camp sait tricher et utiliser tous les moyens à sa disposition pour triompher dans les urnes. On peut donc penser que l'enjeu est relativement ouvert car les arnaques des uns compenseront les manips des autres. On peut surtout espérer que tout cela restera un jeu (?) et que le 8 juin ne sera pas marqué par une transition bien douloureuse qui allumera finalement ce baril de poudre si tentant pour tellement de protagonistes. 

Cher Liban, le monde entier s'intéresse à toi. Si seulement c'était pour de bonnes raisons. Le 7 juin en tout cas, tu pourras éclipser toute l'Europe et ce sera l'occasion, pour une fois, de ne pas manquer une occasion. 

|

20 mai 2009

Ah ça ira, ça ira, ça ira (ou pas)

En France, on a encore des "altesses", ce pipoles qui sont célèbres parce que leur famille l'est, et qui n'ont donc rien à prouver pour accéder au rang de sacré. Charlotte Gainsbourg en fait partie, grâce au talent marketing de son papa. On ne sait pas trop ce qu'elle fait car elle chante d'un filet de voix, elle joue la comédie de temps en temps (même si c'est souvent son propre rôle, voir de loin "Ma femme est une actrice"), elle est moche mais on lui trouve forcément du charme parce qu'elle rappelle tellement son papa et donc on lui pardonne tout en admirant son statut d'Intouchable de la culture. Récemment à la téloche, elle venait parler de la dernière entourloupe de Lars von Trier où elle tient l'un des rôles principaux. On peut presque savoir si un film sera bon à la manière dont les acteurs/actrices en font la promo. Princesse Charlotte a pris soin d'employer les mots creux qu'utilisent les aaaaaartistes pour parler de leurs collègues en des termes qu'ils prétendent poétiques : " je suis tellement heureuse de faire partie de son univers blablabla J'ai beaucoup de tendresse pour lui blablabla Il a su vraiment me pousser pour que je donne le meilleur de moi-même blablabla le tournage était formidable, c'est tellement rare de rencontrer des VRAIS gens". Je pourrais citer un tombereau d'autres inutiles comme Arielle Dombasle qui a encore commis un album , mais ça va virer Voici. Donc voilà.

En France, on a aussi des baronnies emmenées par des félons, comme Bayrou qui en ce moment vend un livre très intéressant sur... Sarkozy. Sarkozy est aux politiques français ce qu'Israël est aux pays arabes. Il canalise les haines et les rancoeurs, soudent les clans, et permet de créer une dichotomie héroïque à peu de frais : je suis un bon car je suis contre le méchant. Bayrou, qui affirme être boudé par les médias, passe par tous les plateaux de télévision pour vendre son anti-sarkozysme primaire, clamant sa liberté de pensée et son positionnement central, alors qu'il a été ministre de Balladur et de Juppé et que son Modem élabore des alliances avec une droite dure, comme à Orléans où il s'allie avec le MPF de Villiers en arguant qu'il y a sûrement des gens bien partout ! Je répète ce que j'avais osé avant l'élection présidentielle : voter Bayrou, c'est ne pas oser voter Le Pen. Poujadiste derrière une apparence de sage lettré, rejetant les élites en apparence alors qu'il les fréquente depuis toujours à Paris ou sur les champs de courses, pratiquant une démagogie agressive consistant à s'affirmer proche du peuple alors qu'il le méprise avec hauteur. Le 7 juin, je ne voterai sûrement pas pour Bayrou, ni pour ses co-listiers comme ce fat de JFK, qui se foutent de l'Europe presqu'autant que moi, sauf que je n'en fais pas mon fonds de commerce. 

Mais le même jour, j'aimerais bien voter au Liban. Car on a beau avoir des altesses et des baronnies en France, on est encore loin du niveau de féodalité de nos amis du Levant. La "campagne" s'intensifie et au moins on ne s'ennuie pas devant les coups bas qui volent entre les protagonistes. Une fois de plus, on peut regretter l'absence totale de programme politique des candidats, chacun votant finalement pour un choix de civilisation, par atavisme ou en échange d'une enveloppe de cash. Mais ça, c'est une tradition régionale (An Nahar):

Opponents of Iran's hard-line president have accused him of trying to buy votes before the June presidential election by handing out checks to the poor.

Mahmoud Ahmadinejad's government has defended the payments, saying the checks for 500,000 and 1 million rials — about $50 and $100 — have nothing to do with the election.

It has been distributing the money to poor families — most of them in rural areas and small towns — since last year, and in recent weeks it broadened the distribution to include students and teachers. The government also announced that on May 10 it began making $80 payments to 5.5 million people throughout Iran.

Ahmadinejad's critics have seized on the payments as another opening to exploit one of his biggest vulnerabilities heading into the June 12 vote — discontent over his handling of the faltering economy. They accuse him of using the cash to win votes from people hit hard by rising inflation and unemployment.


En ce qui concerne les sbires de l'Iran du hezb, on sent déjà que le résultat sera "pile on gagne, face vous perdez", puisque déjà les tambours de guerre se font entendre concernant des manoeuvres militaires israéliennes qui pourraient bien être le prétexte d'un nouveau round entre le parti de dieu et le peuple élu de dieu. Je ne regrette pas de subir une nouvelle campagne pour des élections libanaises, toutes celles que j'ai vues se ressemblant peu ou prou. Ce que je voudrais voir en revanche, c'est la tête des aounistes si le hezb gagne les élections et renvoie le général oranginet à son exil. En France, on n'en veut plus, on a déjà trop de baronnets et d'altesses pour s'occuper d'une princesse au petit "poids". 

|

13 mai 2009

Mais où est donc aXXo ?


Ce salopard de Dieudonné me donne la nausée avec ses listes pour les Européennes soi-disant "antisionistes". Ce demeuré se pavane avec ses acolytes criminels comme l'immonde Alain Soral, persuadé de faire un bon coup et de provoquer les bourgeois, comme cet imbécile de Coluche l'avait fait avant lui. Se moquer de la démocratie, comme le font des humoristes aux arrière-pensées troubles, c'est considérer qu'elle n'a pas de valeur, qu'elle devrait être remplacée par un autre système. Dans la pensée de ceux qui guident Dieudonné, c'est le fascisme, celui qui permet d'éliminer des humains sur des critères religieux, raciaux, ethniques, bref les anéantir non pas pour ce qu'ils font, mais pour ce qu'ils sont. Coluche ne savait pas ce qu'il faisait, trop occupé à recycler des blagues de beauf sur les fonctionnaires ou les femmes ; Dieudonné croit le savoir. Je doute qu'il se rende compte réellement du raz-de-marée de fascistes honteux qui vont se dire "enfin, on peut cracher sur les juifs et ce n'est pas raciste, regardez, Dieudo est noir !". A lire les commentaires des internautes sur les forums de Libé et ailleurs, la théorie du complot a encore de beaux jours devant elle, et les juifs, de riches heures de persécution.

On attendait d'ailleurs du pape un geste fort à Yad Vashem. Enfin, "on" attendait. J'avoue que venant de ce prince de la manipulation, je n'attendais pas grand-chose. Le Vatican va même jusqu'à nier, non pas les chambres à gaz, mais le passé de Hitlerjugend de Ratzinger. Et celui-ic a fait son numéro habituel qui consiste à ne rien donner aux ennemis de toujours, tout en flattant leurs adversaires. On a fort bien compris après la visite du pape dans un Moyen-orient déjà explosif qu'il ne faut pas compter sur les religions pour calmer l'ensemble, mais bien pour rajouter de l'huile d'olive sur le feu. L'évêque de Rome, à la manière de Dieudonné, voit ici une formidable chance de faire parler de lui en provoquant, sans se soucier des réactions d'imbéciles qui ne comprennent pas qu'on n'est pas dans la spiritualité, mais dans le marketing. Le pape veut attirer plus d'âmes, et Dieudonné plus de spectateurs. Mais beaucoup ne retiennent que le message de haine qu'ils adressent dans cette guerre pour les coeurs et les esprits.

Pour finir, je ne devrais pas me moquer de l'initiative "Beyrouth, capitale intergalactique du livre" ou alors juste mondiale, mais là aussi, on peut parler de provoc. Dans un pays où les libraires compétents tirent le rideau les uns après les autres pour laisser place à des marchands de livres au poids, on peut s'amuser du communiqué de presse de l’Unesco qui annonçait en 2007 "Beyrouth a remporté la partie sur Bangkok (Thaïlande), Le Cap (Afrique du Sud) et Kazan (Russie) « pour son implication en matière de diversité culturelle, de dialogue et de tolérance ainsi que pour la variété et le caractère dynamique de son programme ». Diversité culturelle. Dialogue. Tolérance. Si on parle du Cap, je suis enthousiaste. Bangkok et Kazan, je ne sais pas trop. Mais parler de tolérance à propos d'un pays qui pratique une des censures les plus idiotes du monde en matière de culture témoigne soit d'une volonté forcené à la limite de la méthode Coué, ou d'une méconnaissance totale du pays. Donc, voyez ça comme une vaste plaisanterie SAUF évidemment le vendredi 15 mai, à la Gare ferroviaire de Beyrouth (Mar Mikhaël), où de 18:00 à 19:00 mes amis des Chroniques Beyrouthines donneront lecture de leur recueil de blog, Jours tranquilles à Beyrouth. Je ne pourrai pas les soutenir et aller les écouter, mais si vous voulez entendre autre chose que des conneries sur le Liban, c'est le moment d'ouvrir vos oreilles.

|

06 mai 2009

Jean-Robert Pitte, reviens !

Il paraît que les universités françaises sont encore en grève. Grâce à l'endoctrinement idéologique de la majorité des profs de fac, et à la fantastique capacité de certains étudiants à trouver tous les moyens pour en foutre le moins possible, l'université française va donc crever. Pour une fois qu'un gouvernement prend la peine de s'y intéresser et propose des solutions pour remédier à la mort programmée des facs, les étudiants continuent de rêver de Mai 68 et les profs persistent à préserver un statut privilégié qui n'est même pas bon pour eux (Oui oui, j'ai examiné la réforme et je pense savoir à peu près de quoi je parle quand il s'agit d'enseignement supérieur). Pendant ce temps, les grandes écoles vont de mieux en mieux. Il faut dire que les méthodes musclées qui ont cours pour fermer les campus ne viendraient pas à l'idée d'étudiants qui sont passés par une sélection drastique pour avoir droit à un enseignement d'élite. Les étudiants d'universités jouent à Che Guevara, et leurs parents n'osent rien dire, effrayés à l'idée de se faire traiter de réacs alors qu'ils veulent être "cool" dans un pays où séquester son patron, ce qui est l'équivalent d'un kidnapping, semble être approuvé par une opinion publique qui considèrait il y a peu que brûler des voitures permettait d'exprimer le "malaise profond des banlieues".

Je m'y perds, et je ne comprends parfois plus ce pays si privilégié qu'est la France. Ce besoin de rejeter en apparence un système auquel on adhère pourtant pleinement, cette peur d'employer des termes comme "capitalisme" ou "libéralisme" autrement que pour les stigmatiser, cette obsession du fric qui caractérise pourtant l'extrême-gauche qui n'a que le mot "pognon" à la bouche, la France est un bien étrange pays vu de l'extérieur, par le biais souvent déformant des médias. Les profs de fac ont d'ailleurs décidé de boycotter le quotidien Le Monde, car ce journal ne décrit pas assez objectivement la situation universitaire ; comprendre, ne reproduit pas mot pour mot les communiqués des grévistes. Il est facile pour eux d'embrigader des étudiants qui voient l'occasion de leur vie de "faire de la politique", plus difficile de convaincre des journalistes qui ne peuvent s'empêcher de remarquer que les grèves commencent à être à répétition et sans but alors que les classements universitaires mondiaux dans leur ensemble montrent l'influence déclinante des mandarins français. Inutile d'être sarkozyste, "à mort" comme dirait son rejeton, pour considérer que les grèves des universités françaises ne vont nulle part, sinon à une dépréciation accrue de diplômes émis par des institutions qui refusent le monde extérieur, en se drapant dans la défense de valeurs républicaines qu'elles n'incarnent plus.

Mais qu'ils aillent le voir ce monde, les étudiants français, sans parler de leurs instructeurs ! Qu'ils se rendent compte que la France est une merveilleuse forteresse, pour ne pas dire une tour d'ivoire ! La France est un paradis, quand il n'y a pas trop de grèves, et plutôt que de s'arc-bouter sur son passé glorieux, elle ferait mieux de s'impliquer dans le futur. Le passé, il faut en faire son deuil, même si les pays arabes donnent chaque jour une preuve qu'on peut visiter le Moyen-âge sans revenir dans le temps. Ainsi, Dubai, qui nous avait habitué à des décisions judiciaires ineptes, s'est surpassé récemment (An Nahar) :

A Lebanese mother who lost her unborn baby in a Dubai road crash has been convicted of manslaughter and ordered to pay blood money, in the first such ruling in the UAE, local newspapers reported.
The court found the 27-year-old woman had failed to exercise due diligence when driving and caused her car to collide with another vehicle in October when she was nine months pregnant, the Arabic-language Al-Emarat Al-Youm said.

The English-language daily The National reported that the woman's car was struck from behind after she braked on a highway in Dubai, which like the rest of the UAE is notorious for fatal road accidents.

The Dubai Traffic Court ordered the mother to pay 20,000 dirhams (5,450 dollars) in diyyah or blood money to the unborn baby's next of kin and fined her another 540 dollars for "unintentional homicide," Al-Emarat Al-Youm said.

The judge based the verdict on Islamic or sharia law, it added.

"This may be the first case of its kind and may appear unusual to some, but the case highlights the fact that an unborn fetus also has rights as any human being," chief traffic prosecutor Salah Bu Farousha was quoted as saying in The National.

J'en reste sans voix. Non seulement cette femme est victime d'un accident, en plus elle perd son bébé, ce que j'imagine hautement traumatique, mais en plus elle est punie et considérée comme coupable de tous ses malheurs... Franchement, on attendrait de la part des nations développées une réaction indignée à ce jugement. Mais une fois de plus, le scandale se produit dans un pays sous-développé, et il faut tolérer le comportement des Arabes car c'est bien connu, ils ne sont pas prêts pour le XXIe siècle. Et puis, pendant ce temps, les étudiants sont tellement occupés à défendre les privilèges de leurs mandarins que les droits de l'homme, on s'en occupera après avoir updaté sa page Facebook. 

|

29 avril 2009

Médecine moderne


C'est la crise pour tout le monde, et la grippe porcine attaque ! Fort heureusement, le gouvernement libanais fait partie de ces entités à la pointe du progrès et donne des consignes qui peuvent vous sauver la vie (ou l'été à la plage) :

Health Minister Mohammed Jawad Khalife told the Lebanese on Tuesday to dispense with their traditional peck-on-the-cheek greeting to avoid contracting swine flu.(Naharnet)

On se doute que l'ami Mohammed Jawad Khalife a dû suivre des études de médecine aussi longues et fructueuses que Dr. Samir Geagea mais il a dû louper le cours où il était expliqué qu'une poignée de main transmet plus de germes qu'un simple bisou sur la joue. Ou alors Mohammed Jawad Khalife alias "Grand marabout si tu veux faire revenir ta femme c'est 200 euros" a fréquenté les mêmes ateliers de prévention sanitaire que le nouveau président de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma, qui affirme encore que pour se prémunir du sida, il suffit de prendre une douche après l'acte sexuel. C'est d'ailleurs ce qu'il a fait après avoir violé une jeune séropositive en 2005. Sachant que Jacob Zuma a été marié quatre fois, et qu'il est connu pour être le père de plusieurs enfants illégitimes en plus des 18 qu'il reconnaît, calculons dans quelle mesure l'actuel président de la République d'Afrique du Sud a pu être un vecteur de séropositivité, en se rappelant toutefois qu'il considre que les homosexuels sont un péché et qu'il prendrait un malin plaisir à les humilier. En tout cas, voilà un copain tout désigné pour Hassan Nasrallah ! Le même amour de l'humanité, les mêmes connaissances vastes comme l'océan, la même tolérance à l'égard de tout ce qui ne leur ressemble pas... Ils en auraient des trucs à se raconter, le zoulou et le barbu.

Et c'est vrai qu'il pourrait utiliser un peu d'amour Hassan Nasrallah. Ce n'est pas sa saison favorite, surtout depuis qu'il a eu la brillante idée d'insulter l'Egypte, qui, depuis, est ravie de s'en prendre à une cible aussi facile. Le gouvernement égyptien pèse de tout son poids contre l'organisation désormais officiellement terroriste, et lutte plus efficacement contre les vilains barbus que ne l'a jamais fait Israël. En plus de ce nouvel ennemi juré, le hezbollah, qui est censé triompher lors des élections législatives du 7 juin, doit également s'attendre à une baisse de ses revenus :

Police from seven countries arrested 17 people in the island of Curacao Tuesday suspected of involvement in an international drug ring with links to Hizbullah, Dutch authorities said.
The group is suspected of having traded in some 2,000 kilograms of cocaine per year, the Dutch prosecution service said in a statement.

"The group shipped containers with cocaine from Curacao to the Netherlands, Belgium, Spain and Jordan," it said. "From Venezuela, containers with drugs went to West Africa and then to the Netherlands, Lebanon and Spain. Carriers smuggled the cocaine as airline passengers from Curacao and Aruba into the Netherlands."

The proceeds were allegedly invested in several countries, said the statement.

"The organization had international contacts with other criminal networks that financially supported Hizbullah in the Middle East. Large sums of drug money flooded into Lebanon, from where orders were placed for weapons that were to have been delivered from South America."

The suspects were from Curacao, the largest of the Dutch Antilles islands, as well as from Venezuela, Colombia, Lebanon and Cuba, said the statement.

The arrests were the result of a joint operation between the police and judicial authorities of Curacao, the Netherlands, Belgium, Colombia, Venezuela and the United States.


Si en plus les Etats-Unis parviennent à se rapprocher de l'Iran et à diminuer son soutien au terrorisme libanais, le hezbollah risque fort de devoir compter sur son allié Aoun pour sa survie. Devant la bêtise abyssale de la dernière campagne du CPL (le désormais fameux "sois belle et vote"), on peut penser que le hezbollah se sentira vraiment acculé. 

Et pour finir, une note joyeuse, mais pour cela il faut sortir du Moyen-orient et venir près de chez moi. Depuis vendredi, c'est officiel, Vienne est la ville qui possède la meilleure qualité de vie au monde selon le cabinet Mercer. Une heure avant d'avoir appris la nouvelle, gorgés de cafés viennois et de saucisses de la même origine, gavés de beauté architecturale et de propreté des rues, impressionnés par les espaces verts et le dynamisme culturel, bref, faisons la courte, conquis par Vienne la somptueuse, nous avions décidé d'y déménager avant la fin de l'année. Certes, Bratislava possède un charme certain quand on sait également voir de la beauté dans Vesoul, mais l'expérience viennoise me semble être une lueur de beauté bienvenue dans un monde bien terne. Sur ce, n'oubliez pas, pas de bisous sur la joue pour éviter la grippe porcine, et en cas de risque de contamination par le VIH, vite, une bonne douche ! Il paraît que le hezb n'est pas touché car il respecte les enseignements du prophète et ne consomme pas d'animaux impurs. Et ne saurait approcher femmes ou hommes marqués par la colère de dieu.

|

22 avril 2009

Pour l'extermination des mercières (P.D.)

Le VRP de l'antisionisme a fait son numéro comme prévu à la conférence des Nations unies contre le racisme, et l'on s'est émus qu'Ahmadinejad ait pu profiter d'une aussi belle tribune. C'était prévisible, tout comme on pouvait s'attendre à ce que le leader iranien montre à la rue arabe (?) qu'il reste le champion de la cause, le seul capable de tenir tête à Israël et de le clamer haut et fort pendant que des centaines de survivants de camps d'extermination manifestaient à genève et commémoraient la journée de la Shoah. En 2009, comme en 1933, on utilise la haine contre les juifs pour obtenir des suffrages. Espérons que cela ne donne pas trop d'idées à nos dirigeants démocrates. Ailleurs, hélas, la méthode est populaire.

Au Liban, ma démocrature préférée, le toujours inspiré Walid Joumblatt a cru bon de déblatérer sur les maronites en les qualifiant à peu près de "mauvaise race". C'est donc du racisme au même titre que l'antisionisme de son collègue iranien dont il semble se rapprocher de plus en plus .  C'est la magie du Liban : il suffit que le hezbollah soit mal en point après avoir fait de l'Egypte un ennemi mortel pour qu'immédiatement un élément vienne contre-balancer sa mauvaise fortune. Le jeu peut continuer ainsi indéfiniment pour la plus grande joie de certains Libanais qui, n'ayant pas d'équipes sportives impliquées dans des compétitions internationales, se rattrapent en soutenant leurs champions politiques. La NFL aurait beaucoup à apprendre de ce subtil rééquilibrage des équipes au moyen d'alliances contre-nature, de coups bas et de déclarations fracassantes. Non, en fait ce serait plutôt la ligue de catch, la WWF.

Mais les champions du "darwinisme social" restent les autres copains d'Ahmadinejad, les terroristes du Hamas, qui ont su profiter de l'offensive israélienne sur Gaza pour redonner ses lettres d'or à la notion de "profiteurs de guerre" : 

Le Hamas a profité de l’offensive israélienne de janvier dans la bande de Gaza pour éliminer des dizaines d’opposants du Fatah et des Palestiniens soupçonnés de collaborer avec l’Etat hébreu, selon l’ONG Human Rights Watch (HRW). Trente-deux personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées et torturées pendant les vingt-deux jours de l’offensive et dans les semaines qui ont suivi, dénonce l’organisation américaine de défense des droits de l’homme.Dans un rapport intitulé : «Sous le couvert de la guerre, la violence politique du Hamas», elle condamne les «arrestations arbitraires, les tortures, les mutilations par balles et les exécutions extrajudiciaires» auxquelles s’est livré le Hamas. Il s’agit de la plus importante vague de violences interpalestiniennes depuis le coup de force du mouvement islamiste dans la bande de Gaza, en juin 2007. Une centaine de membres du Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas qui contrôle la Cisjordanie, avaient alors été tués, certains suite à des exécutions sommaires.

Avec un peu de culot, le Hamas aurait pu déclarer que les morts du Fatah sont le fait de l'armée israélienne en rejouant le coup de Katyn en Pologne. Ou alors tout simplement nier les massacres et avancer qu'il s'agit d'une propagande sioniste, comme les camps d'extermination. En voyant les survivants de la Shoah qui manifestaient timidement à Genève, je me disais qu'ils allaient bientôt mourir, et que le négationnisme n'aurait alors plus de garde-fous. On oublie l'histoire, on la torture, on la réécrit, curieusement toujours avec les mêmes coupables. L'histoire ne se répète pas, elle continue et continuera tant qu'on ne fera pas prendre conscience aux générations futures qu'être contre le racisme n'est pas une pose réservée aux bien-pensants dans les manifs de gauche et les AG. C'est un combat contre ce qui reste de plus animal en nous, un mauvais résidu du temps des colonies, une doctrine pseudo-scientifique qui charme les foules fanatisées et trop heureuses de trouver un coupable au malheur qu'ils ont eux-mêmes contribué à créer. 

Entre l'obamamania ou le culte de la personnalité réservée aux dictateurs, je ne pense pas que nous ayons tant de leçons à donner que ça finalement. Mais au moins, en Occident, on peut encore s'exprimer et critiquer des salopards. Quel camp choisira le Liban début juin ? Je crains hélas que le choix ne soit déjà fait, devant l'indigence des programmes des deux camps et l'enthousiasme à soutenir la féodalité qui règne au pays de Joumblatt. Et puis aussi ce petit parfum de racisme qui continue à flotter au Liban et dont on n'a pas parlé à Genève, trop occupés qu'étaient les délégués à injurier ou à défendre les juifs. Mauvais race eux aussi ?

|

13 avril 2009

Parfois je me mets dans la peau d'un croyant et j'ai mal à la tête

A ma grande surprise, Courrier international, la semaine dernière, mettait en avant la bonne santé économique du Liban en soulignant les mesures qu'avait prises le gouverneur de la banque centrale et qui ont permis d'éviter une catastrophe. Je suis surpris parce qu'il est rare qu'on mette en avant les capacités de gestion des Libanais, mais il faut reconnaître que la banque est sans aucun doute ce qui marche le mieux dans un pays où l'on peut ne pas travailler et juste vivre des intérêts que vous rapporte un magot judicieusement placé. Je commençais à me dire que, peut-être, le Liban allait finalement bien s'en tirer, et puis rapidement les choses sont revenues à la normale. Récemment, quelques clampins du hezbollah se sont faits capturer en Egypte, ourdissant un complot contre la démocratie du bon président Moubarak. Bien entendu, Hassan Nasrallah, depuis son terrier, a fait imméditament savoir que ses sbires n'avaient pour autre objectif que d'organiser une nouvelle attaque contre Israël en aidant les frères palestiniens. Sauf qu'on ne comprend pas bien ce qu'il foutait en Egypte, et qu'on se souvient des attaques verbales du parti du dieu unique, omniscient et trop la classe contre l'attitude des autorités égyptiennes durant l'opération "Plomb durci", que l'on peut également surnommer "Enième ratage contre le Hamas". Visiblement, le hezbollah a eu tort de s'en prendre à Moubarak en espérant une révolution, mais comme on est au Liban, il faut se rappeler qu'on fait la grosse voix mais qu'en fait c'est pour de rire, comme le rappelle Walid Joumblatt dans An Nahar :

[Jumblatt] expressed his willingness to meet with Nasrallah saying: "Some people
in Hizbullah continue to doubt my intentions and stances, and I say one must
distinguish between my speeches under the influence of blood with what I am
saying now."Jumblat said that the meeting between al-Mustaqbal Movement
leader
MP Saad Hariri and Nasrallah "was good and should be repeated."

Donc en fait, tout est encore possible et, faut pas le prendre comme ça les gars, quand j'ai dit que vous étiez une grosse bande de terroristes payés par l'Iran et la Syrie pour saborder le Liban, c'était pour la déconne ! Chuis un sanguin moi, mais faut pas me prendre au sérieux. Heureusement, personne ne prend vraiment l'ami Joumblatt au sérieux, mais le problème, c'est que le Druze sait utiliser un fusil. L'Egyptien aussi cela dit, et la gronde qui se fait entendre dans les journaux égyptiens (hautement démocratiques je vous l'accorde) n'augure rien de bon pour Nasrallah si la foule dirige sa rancoeur contre le hezb. Voici maintenant notre Barballah confronté au 14 mars, à Israël, à la quasi-totalité des pays occidentaux, à l'Egypte et à sa belle-mère qui aimerait bien que sa fille vienne lui rendre visite et pas qu'elle reste en permanence sous terre à faire du thé pour son homme qui parfois, en plus, passe sa frustration sur elle.

Que faire alors en attendant les élections législatives hautement décisives de Juin ? Venir en Europe centrale bien sûr ! Après Prague et Budapest, je vous recommande maintenant Vienne dont la réputation d'arrogance me semble dépassée. Le quartier des musées, dont le MUMOK, permet de passer un merveilleux moment (je pèse mes mots les gars) en dégustant un café dont les Viennois possèdent la science, puis de voir des expositions permanentes ou temporaires comme celle dédiée à Maria Lassnig (voire photo ci-contre). Cette exposition est très troublante, car elle exprime jusqu'à la nausée la hantise qu'éprouve l'artiste de la vieillesse, de la maladie, de tout ce qui fait dégénérer en général. Une fois sorti du magnifique bâtiment du MUMOK, il faut aller prendre un verre pour se remettre, et pour ça, le Naschmarkt voisin est tout indiqué. On y trouve quantité de gargottes au calme, même quand toutes les tables sont occupées. Car le Viennois est discret quand il fait bombance. Il ne tire pas en l'air quand son candidat est élu. Il a d'autres défauts me direz-vous, mais quand on est invité, on essaie de se montrer courtois. Enfin, on essaie. Et on admire la région. Jusque-là, c'est un succès.

|

27 mars 2009

J'aurais préféré Cape Town


Je comptais écrire un post sur le pape, notamment sur son autisme vis-à-vis du monde qui cache un racisme dont il semble peu se cacher en réhabilitant la fine fleur des intégristes/négationnistes. Mais il paraît que taper sur le pape, c'est facile et ses soutiens restent bien ancrés dans la société, notamment Marine Le Pen qui a volé au secours de l'évêque de Rome. Remarquez, avec des amis comme ça, on comprend mieux pourquoi la catholicisme a un glorieux passé de victoires militaires mais un avenir assez morne. Qui lèverait encore des légions pour le Vatican ? Richard Millet, qui s'est battu aux côtés des phalangistes pendant la guerre du Liban, le déplore et ne manque pas de cracher comme d'habitude sur l'occident décadent dans Le Point :

Comment peut-on être un chrétien d'Orient ! se dit l'Occidental déchristianisé, assis sur sa Sécurité sociale et persuadé que le monde se limite à la béatitude démocratique. (...)
En vain attend-on l'indignation des pleureuses d'Europe ou des Etats-Unis.Toute paix, même la pseudo-paix des braves, suppose un vaincu, lequel ne saurait être les juifs, ni les musulmans, ni même les Kurdes, qui ont retrouvé leur territoire. Est-il illégitime de penser, hors toute théorie du complot mais selon le mécanisme de la victime émissaire cher à René Girard, que ce seront les chrétiens, dans leur ensemble, qui seront sacrifiés sur l'autel de la paix au Proche-Orient ? (...)
En vérité, nous creusons notre propre tombe : le sort des chrétiens d'Orient est exemplaire de ce qui se passe quand on nie la dimension spirituelle du monde. L'invisible n'est pas uniquement une affaire de fantômes ni l'origine réductible à la seule génétique. Entrez dans une église d'Orient ; vous y entendrez ce que le silence des églises d'Occident vous cache : le bruissement des anges. C'est nous autres, Européens, qui, en ayant refusé d'inscrire dans la Constitution de l'Union le caractère chrétien de nos racines, rendons possible une éradication programmée, et déjà effective : vidée de ses chrétiens, soit de ses éléments souvent les plus instruits, les plus ouverts, les plus modernes, cette région du monde sera musulmane, à l'exception d'Israël.

Il faut donc voler au secours des Chrétiens d'Orient, sinon la région sera musulmane, donc peuplé des éléments les moins instruits, les moins ouverts, les moins modernes. Les juifs ? On laisse faire, ils sont des victimes permanentes. L'Europe ? Rechristianisez moi ça à coups de sabre et de goupillon ! Précisons que Richard Millet a contribué à éditer le coup littéraire Les bienveillantes consacré au nazisme. On imagine sans peine le frémissement de plaisir qu'a dû ressentir Millet en humant le parfum d'extrême-droite qui émanait du livre de Littell. 

Ce texte d'un "intellectuel" m'inquiète au plus haut point à quelques jours de la conférence de Durban II. Que Millet reprenne les vieilles thèses de l'extrême-droite française, contre l'occident décadent, pour les hostilités contre les musulmans et les juifs et pour une culture d'élite (voir le petit coup de patte à la Sécurité sociale) dans un journal comme Le Point en dit long sur le climat de haine dans lequel nous baignons. L'époque s'y prête, les temps sont "incertains" comme disent les journalistes et la "Crise" nous enfonce chaque jour de plus en plus dans le sentiment qu'il faut bien trouver des coupables. Pour DSK, qui dirige le très gauchiste FMI, c'est l'avidité qui est responsable de la crise, ce qui est amusant quand on pense que cet homme veut toutes les femmes pour lui et ne se contente pas de celle qui pourtant servait très bien la soupe aux politiques il y a quelques temps. Pour d'autres, c'est la faute aux traders, qui ont néanmoins reçu leur argent de petits boursicoteurs trop heureux de faire la culbute sur des OPCVM. Mais en lisant Millet, entre autres petits prophètes, on se rend compte que Durban II à Genève arrivera à la même conclusion que Durban I en septembre 2001, juste avant l'attentat du World Trade Center : la faute aux juifs.

Alors faut-il aller à Durban II en avril ? Israël boycotte évidemment, ainsi que les Etats-Unis, le Canada et l'Italie. Rama Yade pense qu'il faut y aller pour se battre, et la ministre me semble avoir raison : les Nations unies restent une merveilleuse idée, mais qu'il faut défendre de l'intérieur. Les petits dictateurs ont appris à se servir de l'ONU comme d'une tribune et à jouer sur la sémantique pour éviter qu'on ne s'intéresse trop à leurs fiefs. Omar el Bachir parle de complot sioniste concernant son inculpation, et il est bien sûr rejoint dans cette théorie par ses amis progressistes comme l'Egypte. Pas sûr que des chrétiens auraient fait mieux, Monsieur Millet. L'antisémitisme n'a pas été inventé par des musulmans, ni d'ailleurs par des chrétiens, mais il reste le dernier refuge des imbéciles qui cherchent partout des coupables à leur malheur, en évitant soigneusement de se poser des questions sur eux-mêmes. 

|

16 mars 2009

La Gazette de Suzette

Syrian Foreign Minister Walid al-Muallem said Monday a conflict in schedule was behind the notable absence of an official delegation at the inauguration of the first Lebanese embassy in Damascus.
"It was not intentional," Muallem told a joint news conference with visiting Arab League secretary general Amr Moussa.

He said he was under the impression that the "inauguration was taking place on Sunday" instead of Monday.

Earlier Monday, charge d'affaires Rami Murtada raised the Lebanese flag over the building located in the Damascus residential neighborhood of Abu Rummaneh, which is also home to the U.S. Embassy. (Naharnet)

Si vous pensez que c'est du foutage de gueule, je vous invite à contempler les quelques 60 ans d'Histoire entre le Liban et la Syrie et vous vous rendrez compte qu'il s'agit d'une erreur que n'importe qui aurait pu commettre. Pensez donc, l'ouverture de l'ambassade du Liban à Damas, on griffonne ça sur un post-it au ministère des affaires étrangères, et on s'en préoccupe comme d'un cocktail à l'ambassade des Fidji. Non, y voir de la mauvaise volonté des Syriens, une ènième rebuffade à l'égard de son ancienne colonie, c'est ne pas comprendre qu'un ministre syrien a des trucs autrement plus importants à faire après tout. Comme quoi ? Hé bien, il vous enverra le nombre de post-its qu'il a à régler d'ici la fin de la décennie, c'est effrayant : entre la paix avec Israël et les cocktails à l'ambassade des Fidji, on comprend qu'il ait confondu les jours d'inauguration de l'ambassade du Liban.

De toute façon, le Liban a d'autres chats à fouetter et commence à sentir la crise : il y a moins de milliardaires en 2009 qu'en 2008 comme le montre le tableau suivant, extrait de L'Orient-le Jour, un excellent quotidien qui sait rester impartial année après année et ne saurait prendre parti pour qui que ce soit et surtout pas pour le 14 mars :

Comme vous pouvez le constater, deux noms reviennent à intervalles réguliers dans ce classement : Hariri et Mikati. Après une brève recherche dans les archives du ministère des affaires étrangères syrien, j'ai retrouvé un post-it établissant clairement que chaque famille a fourni un premier ministre à la nation. Une fois de plus, y voir un lien de cause à effet me semble inapproprié. Le Liban n'est pas clanique : il se trouve juste que souvent, dans une famille, on trouve plusieurs membres dévorés par le besoin de servir le pays alors que dans d'autres, pas du tout. Il me semble de bon ton de plaindre Bahaa Hariri qui a perdu 300 millions de dollars entre 2008 et 2009. Gageons que cette perte provient de son légendaire bon coeur, et n'oublions pas que sans la famille Hariri, d'anciens présidents de la République française seraient mal logés.

Notre glorieux président Sarkozy ne manquera donc pas de féliciter le président libanais en visite en France pour la bonne tenue de son pays qui n'écarte pas l'idée d'attirer près de 2 millions de visiteurs cette année. Qu'importe les élections de juin, le quai d'Orsay a affirmé haut et fort, comme à son habitude, qu'il ne redoutait point une victoire du hezbollah. L'Orient-le jour, quotidien francophone de qualité, insensible aux quolibets qui voudraient le classer dans un camp ou un autre, dresse un portrait raffiné de l'atmosphère qui règne à Paris durant la visite du président le plus attendu au monde après celui des Fidji (car on sait régaler chez les Fidjiens) et ce coquin d'Obama :

Les Libanais de Paris arpentaient fièrement hier sous un soleil déjà printanier la plus belle avenue du monde et commentaient en famille ou en petits groupes, réunis aux terrasses des cafés, cette première visite d'État d'un président arabe sous l'ère Sarkozy.

(...) Côté politique, malgré le congé dominical, des responsables français joints par des médias libanais ont réaffirmé l'importance du geste du président Sarkozy qui a voulu montrer à quel point la France et le peuple français tiennent au Liban et entendent soutenir son indépendance, sa souveraineté et son intégrité territoriale. Le président Sleiman aura des entretiens avec le chef de l'État français, le Premier ministre, les présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, ainsi qu'avec le ministre français des AE.

Car oui monsieur, en France, "malgré le congé dominical", on s'active pour que les Libanais de Paris puissent arpenter fièrement la plus belle avenue du monde. Et l'on oublie ce malheureux incident de Damas : la France est la mère du Liban. Tant qu'elle restera à ses côtés, tout ira bien. Et maintenant, dormez, je le veux.

|

09 mars 2009

hezbollah véritable ou historique ?

Comme on pouvait s'y attendre, le conflit se rallume en Irlande du Nord. En privilégiant certains interlocuteurs, le gouvernement britannique n'a pas résolu un conflit multi-centenaire et refuse de trancher : l'Irlande du Nord est-elle britannique ou irlandaise ? Cette colonisation est tellement ancrée qu'elle est devenue une tragédie, en ce que définir le statut des six comtés de l'Ulster amènera à un transfert de population au moins, à un renouveau de la guerre civile au pire. La France, devant les conflits sociaux en Martinique et Guadeloupe pour ne citer que les plus récents, n'a guère de conseils à offrir, mais il faut reconnaître à la Grande-Bretagne une formidable capacité à appliquer la devise "diviser pour régner". A preuve, sa dernière idée consistant à s'adresser directement au hezbollah. Quand on connaît l'aide historique qu'ont amené les mouvements républicains terroristes nord-irlandais à leurs homologues moyen-orientaux, notamment le hezbollah dans la plaine de la Bekaa, on peine à trouver une logique dans la diplomatie britannique. Londres n'a pas réussi à résoudre ses problèmes nationaux, a refusé de dialoguer pendant des décennies avec Sinn Fein en taxant, à raison, l'IRA de terrorisme, mais n'a pas les mêmes pudeurs pour prendre le thé avec l'une des organisations terroristes les plus radicales et les plus dangereuses du Moyen-orient ? Serait-ce un sketch des Monty Pythons ?

Les organisations terroristes possèdent souvent les mêmes méthodes, mais pas forcément les mêmes objectifs, ni la même idéologie. L'IRA, et ses multiples manifestations, a toujours eu pour but le retour des forces britanniques d'occupation en Grande-Bretagne, et le rattachement de tout l'Ulster à l'Irlande. L'IRA a toujours suivi une ligne inspirée du marxisme, mais malgré les tentatives de la labeliser "catholique", poursuit une ligne laïque. Le hezbollah  est un mouvement fondamentalisme religieux, créé et soutenu par deux pays étrangers, dont l'objectif est non seulement la destruction d'Israël mais aussi la guerre contre les juifs dans le monde comme en ont témoigné les attentats en Argentine en 1994. Les deux organisations ont eu des liens étroits, mais sont aussi opposées dans leur doctrine que peuvent l'être le marxisme et le fascisme. Quelques naïfs font mine de faire la différence entre la branche armée et la branche politique du hezbollah, arguant qu'il faut parler avec l'un pour apprivoiser l'autre. C'est mal connaître un mouvement qui, dans ses aspirations, reflète l'irrationalité de l'idéologie de ses créateurs : on peut faire la paix avec l'IRA, dont les buts sont clairs même s'ils amènent des décisions difficiles, mais avec le hezbollah c'est impossible devant l'intransigeance de son "combat".

Les combattants de l'IRA (Provisional) ont eu beaucoup de mal à se recycler, beaucoup sont devenus chauffeurs de taxi ou ont vécu de petits métiers. D'autres ont proposé leurs services à l'étranger. On imagine mal comment on pourrait recycler les factions du hezbollah. Celles-ci ont pu intégrer avec succès en leur sein d'anciens membres de "Tsadal", l'armée supplétive d'Israël au Liban sud, mais la dissolution du hezbollah poserait de nombreux problèmes en ce que, fanatisées depuis toujours dans l'idée qu'il faut détruire le sionisme, les troupes chercheraient à se rendre utile dans un combat qui ressemble à ce qu'on leur a inculqué jusqu'à maintenant. Donc, comme toutes les tragédies, pas de solution miracle : où bien le hezbollah est anéanti au prix de dommages colossales sur la population civile libanaise qui le protège malgré elle, où on parvient à le dissoudre et on déplace le problème sur un autre front. Les Britanniques ont sûrement pensé à toutes les alternatives, gageons qu'ils oeuvreront au mieux... de leurs intérêts. 

|

27 février 2009

Le blog officiel des sionistes pro-Liban

Vous êtes prévenus ! Beshara Rai, qui doit être directeur des ressources humaines ou évêque de l'église maronite, a averti que quiconque attaque le patriarche serait excommunié ! J'avoue que je me suis senti visé par ses propos, et que je commence à trembler. Que ferais-je hors de la trois fois sainte église maronite, loin de mon clan, condamné à errer comme un juif et à manger des baies pour me sustenter ? En plus, c'est le ticket pour l'enfer assuré. Et puis on m'a dit qu'en fait cette menace visait plutôt le fourbe général orange Aoun, mais que ça pendait au nez d'Eric Zemmour aussi. Bref, il est maintenant INTERDIT de critiquer le patriarche Nasrallah Sfeir sous peine d'aller en enfer. Et si vous critiquez l'autre Nasrallah, vous vous faites défoncer par ses sbires. Donc dans un cas vous allez en enfer, dans l'autre vous mourez. Je m'y perds. C'est pas simple l'Orient.

Un en revanche qui se fait "encenser", c'est l'autre moitié du clan chrétien, Herr Doktor Samir Geagea. Un groupe Facebook lui est dédié, et on peut évidemment y lire une notice biographique qui a dû être signé des fatals flatteurs :

Strong and irresistible, Samir Geagea can be compared to the majestic cedars of Lebanon that have characterized the Lebanese Mountains since Biblical times. These trees, arguably the most beautiful in the world, growing for thousands of years on the pinnacles of his hometown Besharri, are not dissimilar to his robust physique and principles.

Quand on voit Samir, on pense plutôt à un corbeau décharné qui n'a plus un poil sur le caillou, mais si vous dites ça à ses sbires, vous allez vous faire maraver grave. Il faut donc le comparer physiquement  au plus bel arbre du monde, le cèdre, et boire ses paroles comme un subtil mélange de miel et de lait. Mais alors, qu'est-ce qui évoque chez Dr. Geagea le tabboulé délicieux de l'antique pays des Phéniciens ?

Cessons de parler calembredaines et notons que la nouvelle situation en Israël a au moins poussé les Palestiniens à se rappeler qu'ils ont un ennemi commun, selon le meilleur journal du monde, L'Orient le jour :

Les factions palestiniennes, dont le Fateh et le Hamas, se sont engagées hier au Caire à tout faire pour mettre fin à deux ans de divisions, parfois fratricides. 

J'aime beaucoup le "parfois fratricides". Quand le Hamas a massacré l'Autorité palestinienne, on a pu noter qu'il le faisait avec beaucoup de regret mais sans jamais oublier la fraternité. L'article conclut ainsi :

Côté israélien, le Premier ministre désigné, Benjamin Netanyahu, compte demander à la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, de s'opposer à la formation d'un gouvernement palestinien d'union nationale incluant le Hamas. Zalman Shoval, l'un des cinq conseillers diplomatiques de M. Netanyahu, ajoute qu'il « espère convaincre tous ceux qu'il peut » qu'un gouvernement palestinien de coalition est une très mauvaise idée.

Si j'étais "Bibi", je décrèterais que quiconque trouve qu'un gouvernement d'union nationale palestinienne est une bonne idée soit excommunié, c'est très efficace, crédible et pas du tout archaïque. Et puis 20 ans après, avec un peu de chances, le pape vous fait rejoindre le troupeau.

|

24 février 2009

Hail to the Chief

Pardonnez-moi d'avoir été absent si longtemps, mais je suis amoureux. Depuis que je suis arrivé en Europe centrale, j'essaie goûlument de découvrir cette région magnifique et je passe beaucoup de temps à Prague (à travailler) ou à Budapest (à manger). Les Libanais ou ceux qui connaissent le Liban feront d'ailleurs un détour par le Spinoza dans la capitale hongroise pour déguster de la cuisine traditionnelle juive, et découvriront notamment que le fattouche s'y appelle "Israeli salad". Ils ne s'en offusqueront pas car le service est excellent, et le pianiste contribue à donner une ambiance extraordinaire à l'un des rares restaurants de Budapest où ne mange pas très bien (car la Hongrie est un grand pays de gastronomie). Donc, si vous voulez vous changer les idées, venez bien manger, bien boire, et apprécier les bains thermaux dans des villes magnifiques. En plus, leurs économies s'effondrent alors c'est le moment d'en profiter, petits vautours.

Mais comment oublier le Moyen-orient, surtout en ce moment ? Bombes au Caire, désignation de "Bibi" au poste de premier ministre, tirs depuis le Liban vers Israël et évidemment ripostes... Sans compter les affrontements au Liban qui continuent entre partisans de tous bords. L'ordalie, cette vieille pratique de violence consistant à montrer le jugement divin, perdure dans cette région du monde, et il semble que les clans libanais soient persuadés que plus ils excellent dans la force brute, plus leur dieu les approuve. Evidemment, ça fait beaucoup de dieux qui se mettent sur la gueule, mais les divinités ont été inventés avant tout pour justifier les méfaits des hommes. La nomination de Netanyahu n'est pas une très bonne nouvelle mais une fois de plus, devant l'apparent échec de Kadima a anéantir la menace du Hamas, pourquoi ne pas passer à la vitesse supérieure ? De toute façon, le monde entier semble partisan de la destruction d'Israël ou en tout cas c'est l'impression que j'en ai, notamment en lisant la nouvelle vox populi dont j'avais parlé auparavant, les comments de Libé. On fait dans l'infect et dans l'indéniablement antisémite. Quelques exemples : 

Vous croyez vraiment que le Hamas ferait un tel score sans colonisation de la part d'Israël ? Dés qu'Israël décolonise, son score chute, alors...
C'est quand même bizarre que cette notion hitlérienne d'espace vital soit reprise par les juifs ! (biloute35)


comme vous dites la crise économique étant là aussi pour un peuple d'élite , d'ailleurs étonnant pour les qualificatifs qu'il s'affuble.
et pour presser un peu plus boycottons tout soutient a israél , en autre Mc Donnal .
a l'instar de ce qui a été fait contre l'afrique du sud , plus de contact , boycott des épreuves sportives , des produits ......
il faut que ce peuple si majeur soit il comprenne qu'il n'est pas seul sur terre et qu'il doit vivre en harmonie avec les autres et pas en autorcie sur son obscurantisme. (palombe)


ISRAEL....
....petit pays de 9 millions d'hab. (seulement!!) qui n'existe que par la mendicité des Etats-Unis . Yes!
(Pilote1)


On ne parlera pas des fautes d'orthographe sous peine de se faire traiter d'élitiste, mais ça continue avec parfois des phrases dont j'ai du mal à comprendre la signification :

 Ben est déjà tristement connu pour avoir provoqué la dernière intifada en violant l'esplanade des mosquées (anar)

J'imagine qu'anar fait allusion à la provocation d'Ariel Sharon, en accord avec Yasser Arafat, qui avait lancé les hostilités de la deuxième intifada et permis à l'OLP de revenir dans les négociations. Pourquoi cette haine envers Israël qui conduit ces braves Français, qu'on imagine contents d'eux et votant sûrement pour des partis traditionnels et non extrémistes, à dégueuler des clichés qui témoignent non plus d'une bêtise, mais de l'imprégnation d'une stratégie destinée à blesser, à faire mal notamment en utilisant l'Histoire d'Israël, en témoignent les références au "peuple sûr de lui et dominateur", les multiples allusions à l'argent et surtout, dégueulasserie parmi les dégueulasseries, les références au Lebensraum nazi. Est-ce qu'attaquer Israël, qui a ses torts comme tous les pays, permet de se donner une bonne conscience en imaginant qu'en défendant le Hamas, on est un chantre des droits de l'homme ? Ce qui est curieux, c'est que l'article qui déclenche ce tir de barrages (avec également des réponses de l'autre camp souvent d'une rare bêtise, Israël possède un grand problème de communication) concerne la nomination de Benyamin Netanyahu, mais que des articles concernant la Corée du Nord, Cuba ou la Syrie ne déclenchent que quelques haussements de sourcils. Critiquer Cuba et sa révolution dorée, c'est être un fasciste. Remettre en question l'existence d'un pays membre de l'ONU, c'est témoigner de sa capacité à entendre les souffrances de l'autre et à soutenir les droits de l'homme. Allez comprendre.

Alors répéter que TOUS les pays de la région MENA bénéficient des largesses des pays riches, USA comme Europe ou Japon, et qu'Israël ne fait pas exception ou alors préciser que McDonald's ou Starbucks ne contribuent pas à l'effort de guerre, c'est prêcher dans le désert. Quand on nie l'existence d'Israël, sous prétexte bien sûr de critiques saines et positives, on obtient un modèle calqué sur les anciennes idéologies extrêmes très pratique, une théorie du complot rassurante, le Grand Capital, le Grand et le Petit Satan, les puissances occultes de l'argent qui conduisent à cette situation, plutôt que se demander si peut-être on n'est pas aussi un peu responsables. Que faire des antisémites et de leur cache-sexe antisioniste ? Je voyais Marc-Edouard Nabe dans une émission du service public ce samedi ; ce garçon jadis affirmait que l'Occient était mort et qu'il vivait désormais en Irak. Il est depuis revenu à Paris et préfère parler du milieu littéraire parisien plutôt que de son Moyen-orient autrefois adulé. Alors, comme solution, envoyer anar, palombe, pilote1 et biloute35 passer quelque temps sur le terrain, dans leur Moyen-orient fanstasmé où comme dans les westerns de leur enfance, il existe des bons et des méchants ? Pendant ce temps, je vous emmènerai au Spinoza, à Budapest, et on oubliera les Haineux. Le temps d'une soirée. 

|

10 février 2009

Le Centre du Monde

Ceux qui prévoyaient le déclin de la France doivent se frotter les mains. Leurs antiennes sont devenues prophéties auto-réalisatrices. Alors que le gouvernement Fillon s'attaque enfin à la réforme de l'éducation, en particulier des universités, qui sont la base par laquelle peut passer l'amélioration de la société, les "enseignants-chercheurs" (terme qu'on ne rencontre qu'en France et qui semble rappeler que non, ils ne sont pas que "profs", le mot leur faisant visiblement honte) ont défilé dans la rue par milliers pour empêcher qu'on ne touche à leur statut de droit divin. Existe-t-il ailleurs dans les pays dits développés un statut aussi malsain ?Les profs de fac sont payés à vie quoi qu'il arrive, sélectionnés selon des critères plus qu'obscurs depuis Paris mais presque toujours nommés dans l'université où ils ont fait leurs études, sans aucune obligation de résultats, refusant d'être évalués par les élèves, le tout assez mal payés et dans des conditions de recherches et d'enseignement médiocres. Bref, seuls les pas très bons ou les casaniers choisissent de rentrer dans un système qui, en plus, refusent les professeurs étrangers de la même manière que les hôpitaux n'accordent pas le même statut à un médecin libanais qu'à un français. Pendant ce temps, les grandes écoles prospèrent et confirment l'idée qu'en France, la fac accueille ceux qui n'ont pas été accepté ailleurs. 

Qu'est-ce qui fait qu'en France, un des pays les plus merveilleux mais dysfonctionnels qui soient, on continue à ne vivre que par le syndrôme d'Astérix ? Voilà une nation dotée d'un passé prestigieux, couverte d'une gloire culturelle, célèbre dans le monde entier pour son art de vivre, capable des plus grands exploits (et des ratés les plus retentissants) mais qui refuse quoi qu'il arrive de considérer que peut-être, parfois, dans certaines occasions, ce sont les autres qui ont raison. Astérix ou Cyrano ? La France n'accepte les critiques que si elle se les sert elle-même, et encore. Concernant les universités françaises, force est de constater que leurs homologues britanniques sont les meilleures d'Europe en grande partie parce qu'elles sont su se réformer quand il le fallait. Les Françaises s'arc-boutent contre la prétendue mondialisation en arguant qu'au moins, elles sont gratuites, comme si c'était un gage de qualité, et alors que c'est parfaitement faux : un étudiant nécessiteux aura le plus grand mal à trouver une bourse, et il faut bien payer les livres et le studio quand on n'est plus chez papa-maman. Quant aux universités américaines, les meilleures du monde sans contestation sérieuse, elles offrent une sélection d'aides financières qui ne laissent sur le carreau que le petit blanc d'origine middle-class qui ne brille dans aucun domaine académique ou sportif. Le Français quoi. (Attention, pointe d'ironie)

En Israël, les universités ont atteint une réputation mondiale, c'est d'ailleurs les seules de tout le Moyen-Orient. Les élections ont lieu aujourd'hui et comme toujours, il n'y aura pas de vainqueur, démocratie oblige. Se mettra en place le délicat système des alliances et il y a de fortes chances qu'une droite dure, voire extrême, émerge. Regrettable, certes, mais comment en vouloir à un pays qui décidément n'arrive pas à communiquer avec le reste du monde et reste en grande partie incompris. Voilà une nation dotée d'un passé prestigieux, couverte de gloire, capable des plus grands exploits (et des ratés les plus retentissants) et qui applique la démocratie presque à la lettre, mais qui continue d'être traitée comme un chien galeux qui refuse de mourir. Pourquoi une telle haine vis-à-vis d'Israël ? Dans le Nahar, cet article anecdotique mais qui en dit long : 

Saudi Princess Says She Is Ready to Drive
The wife of one of Saudi Arabia's most high profile and richest men said she's ready to get behind the wheel if women are ever permitted to drive.

En Arabie saoudite, les femmes n'ont même pas le droit de se déplacer seules, sans parler de tout le reste, de ce qui fait de cet Etat un reliquat d'un Moyen-âge totalitaire. Mais qui serait prêt à défiler dans les rues pour les femmes de Djeddah, comme on le fait pour les enfants de Gaza ?

|

29 janvier 2009

AT 2009

Je viens de voir Religulous, un film à prétention documentaire animé par Bill Maher, comique libéral américain. On y voit quantité d'abrutis religieux, tous persuadés de posséder les réponses aux grandes questions existentielles, et Maher se fait une joie de les faire passer pour des illuminés, ce qui n'est pas très difficile. Le problème, c'est que comme tous les athées, dont moi, Maher n'a aucun mal à montrer que les religions embrigadent les simples d'esprit, mais cela lui procure la sensation d'être intellectuellement supérieur. C'est bien là les problème des athées : provoqués en permanence par la bêtise des religions, on pense souvent qu'il suffit de montrer leur irrationalité pour se sentir bien alors qu'il faudrait aider les croyants à se libérer de leurs psychoses. Les films comme Religulous ou les ouvrages de Richard Dawkins sont à l'image des sermons dans les Eglises : ils ne servent à convaincre que les convaincus. 

A quoi peut donc servir l'initiative des bus qui circulent dans Londres et qui annoncent que dieu n'existe probablement pas ? Il est facile en occident de ne pas croire en une divinité, le plus souvent parce qu'on nous donne le choix mais également parce que la vie est meilleure que dans la plupart des pays. On peut comprendre quelqu'un qui fait face à des difficultés matérielles atroces et ne peut que s'abandonner à la foi pour ne pas devenir complètement fou. Mais en occident ? Comment comprendre que des millions de personnes acceptent sans réfléchir l'idée qu'une femme a enfanté sans copuler, que son fils qui n'est pas vraiment son fils soit également un dieu, qu'il vienne sur terre depuis on ne sait où pour une mission suicide et que pour célébrer sa naissance qui tombe en fait historiquement un autre jour on érige dans les foyers un sapin emblématique de la Galilée (!!??) en offrant aux enfants des jouets fabriqués en Chine tout en mangeant des marrons (!!!!?????). Sans parler des autres religions qui rivalisent toutes d'inventions abracadabrantes pour unir les fidèles. Et le plus amusant, c'est que chacune considère posséder la Vérité, alors que les autres ne sont que des abominations !

Le nouveau scandale qui agite l'Eglise catholique est donc comme toujours d'une hypocrisie sans nom. Ben XVI réintègre les intégristes et l'opinion publique se focalise sur le cas d'un prélat qui nie l'holocauste, ce qui permet de prétendre que l'Eglise catholique serait elle sans reproche en ce qui concerne la destruction systématique des juifs européens par le IIIème Reich. La machine à propagande du Vatican marche à plein régime. On donne un os à ronger aux médias et aux opinions publiques (Richard Williamson qui apparaît comme un handicapé mental ou un salaud, c'est selon), chacun s'indigne qu'un homme d'Eglise puisse être négationniste alors qu'il n'est ni le premier, ni le dernier et on évite de parler des 150 000 intégristes qui sont recommuniés au sein de l'Eglise catholique dans un mouvement réactionnaire indéniable. Comprenant qu'il n'attirera pas de nouvelles ouailles en faisant du protestantisme, Ben XVI revient à ce qui a fait le succès de son organisation : des règles tellement contraignantes qu'elles ne peuvent conduire qu'à la transgression. Commettre l'interdit, quel plus délicieux péché pour un religieux ? Faire ce qu'on n'a pas le droit moralement de faire, quelle merveilleuse sensation quand on sait qu'en s'acquittant d'une somme modique et de quelques génuflexions, on va quand même au paradis ! Au fait, quel sort est réservé par les religions aux athées comme moi ? L'enfer, la souffrance, la damnation éternelle non ? Et c'est moi l'intolérant ? :)

|

26 janvier 2009

Beyrouth, capitale de l'amour

Les bonnes nouvelles s'accumulent pour le Liban. Après avoir fait l'objet d'un reportage dans le NY Times, où il est dit que Beyrouth est The Place to Be en 2009, c'est maintenant un homme politique géorgien qui vient dire tout le bien qu'il faut penser du voisin de la Syrie (Nahar) :

Visiting Georgian Deputy Premier Giorgi Baramidze said his country has a lot to learn from Lebanon.
"For us Lebanon is an example to be followed. That is why we say we have a lot to learn from it," he said following his meeting with Information Minister Tareq Mitri.

"There are many similarities between Georgia and Lebanon. We Georgians suffer from having parts of our country under occupation by Russia. We wish to establish a good dialogue with our neighbors as Lebanon does with its own neighbors," the Georgian official said.


Je connais fort peu la Géorgie, tout ce que je fais c'est boire des coups avec des Géorgiens à Bratislava et en général, sans que je sache trop pourquoi, on parle plutôt de Houellebecq. Fort de cette expérience, j'en déduis tout de même que l'homme politique géorgien qui affirme qu'on doit prendre exemple sur le Liban en ce qui concerne sa gestion du dialogue avec les pays voisins ne peut être qu'un joyeux farceur. Ou alors qu'il est un peu bourré au moment de l'interview. Ou alors qu'il s'est trompé de pays et qu'il évoque la Hollande. Ou alors que c'est lui qui a rédigé l'article du NY Times.

Parce qu'en matière de voisins, l'Egype est en train de pousser le Hamas à accepter un "package deal" (selon Yediot Aharonot) avec Israël et fissa. La raison en est bien simple : lors des élections prochaines à la Knesset, le prochain premier ministre risque fort d'être Bibi Netanyahou de sinistre mémoire, et il aura sûrement une solution pour la paix sérieusement disproportionnée cette fois-ci. En même temps, on peut comprendre les Israéliens. Quant ils choisissent des personnalités "modérées" pour essayer d'arrêter les agressions contre Israël, celles-ci prennent moultes précautions en matière d'assauts, comme appeler les habitants d'un immeuble qui va se faire détruire ou essayer de ne pas bombarder les civils. En retour, l'opinion publique mondiale les compare aux nazis, parallèle intelligent et pertinent qui montre le niveau culturel de ceux qui défilent dans les rues de Paris pour la paix dans le monde, mais sans les juifs qui, comme chacun sait, sont ivres de violence et de sang alors que le Hamas aime les enfants et les shawarmas. Alors cette fois-ci, Benyamin Netanyahou a de fortes chances de passer parce qu'il ne voit pas trop l'intérêt de se faire cracher dessus et qu'il s'est aperçus que le Hamas n'a jamais le temps de se battre contre les militaires et préfère lancer des roquettes sur les civils. Il ne va certainement pas régler les problèmes (encore que) mais au moins la politique israélienne sera plus lisible. Et la Géorgie aura un formidable modèle de coexistence entre les peuples comme sait si bien l'offrir le Moyen-orient. Alors comme nous le conseille le NY Times et M. Baramidze : en 2009, tous à Beyrouth !

Ce qui me fait penser que j'ai un talent qu'on ne peut pas m'enlever : j'ai du nez pour choisir les perdant(e)s. Ségolène Royal, Hillary Clinton, Tzipi Livni... Cela dit, ce n'est pas très difficile : curieusement, lors d'élections, c'est toujours un homme qui triomphe. Existe-t-il un lien entre le sexe des candidats aux élections et leurs chances d'être élus ?

|

24 janvier 2009

700

On atteint des sommets : il existe maintenant un rosaire portant l'effigie de "Sayyed" Hassan Nasrallah, le leader du mouvement terroriste chiite irano-syro-libanais hezbollah. Comme souvent dans ce genre de situations, le ridicule ne tue pas (encore) mais se situe dans à plusieurs niveaux. Déjà, le culte des idoles que semblent adorer les chrétiens libanais avec un commerce religieux très fructueux : on peut facilement acquérir une lampe de chevet St Charbel, des bougies St Maroun ou  une coque de cellulaire St Elie (Visiblement, la partie de la Bible sur les marchands du Temple a été arrachée de tous les exemplaires au Liban). Ensuite, le fait qu'une partie de la communauté chrétienne se sente offensée par la présence d'un dignitaire musulman sur un soi-disant symbole du christianisme : ils le disent, ça ne se fait pas. ""The rosaries are an insult to our Christian beliefs," an official with the Christian Lebanese Forces party told AFP on Thursday. She spoke on condition of anonymity (Naharnet) Mais surtout, le morceau de bravoure provient de la réaction de l'autre Nasrallah, le Cardinal maronite Sfeir, qui a estimé dans sa grande sagesse qu'il ne fallait pas mélanger politique et religion. Cardinal Nasrallah Sfeir, head of the powerful Maronite Church in Lebanon, which counts no less than 18 communities and where power is divided along religious lines, has also jumped into the fray saying that one should not mix politics and religion.

Le Cardinal Nasrallah Sfeir estime qu'il ne faut pas mélanger politique et religion.

On pourrait croire à de l'humour mais une chose dont les religieux sont bien dépourvus, c'est d'humour. Pourtant, le même jour, dans le même journal, on apprend que Sfeir prend position contre Aoun, évidemment de manière subtile et pas directe car il ne faut mélanger politique et religion mais on sent bien que SI d'aventure Sfeir devait prendre position en tant qu'homme de la rue qui ne porte pas de jupes avec du fil d'or et des bijoux et des décorations qu'on dirait une Jean-Paul Gaultier, alors il serait peut-être en faveur du 14 mars, mais comme heureusement il ne fait pas de politique, il préfère s'habiller en Versace ou en tout cas aussi mauvais goût et raconter aux gens ce qu'ils doivent faire sinon les loups vont les manger mais en aucun cas de politique parce qu'alors il n'aurait plus le droit de mettre des tiares et des chapeaux Vivienne Westwood. 

Le Liban ne veut pas passer au XXIe siècle. Ce ne serait pas correct. Déjà passer au XXe serait un exploit, mais avant tout, quitter le Moyen-âge ne paraît pas attrayant. On s'amuse tellement avec les querelles féodales, les conditions d'hygiène qui s'aggravent, les clans religieux, les milices qui tiennent les quartiers MAIS on ne mélange pas religion et politique. L'esclavage de 300 000 bonnes ou plus est bien sûr une invention occidentale de jaloux qui veulent déstabiliser le pays, la laïcité un danger post-colonial, et le Liban un modèle de coexistence que jalouse tellement Israël que les juifs font tout pour déséquilibrer le pays du Cèdre. Et le mieux, c'est que personne en occident ou ailleurs ne tend jamais au Liban un miroir pour qu'il se voit tel qu'il est. Les aides publiques sont rarement assorties de conditions, on n'a toujours pas mis le hezb sur la liste des organisations terroristes ("vous comprenez, ils sont élus au parlement !") et on accepte les défilés de haine de Libanais "soutenant les Palestiniens de Gaza" (comprendre, le Hamas, un mouvement extrémiste et terroriste qui refuse notamment l'éducation des femmes) alors même que les 400 000 Palestiniens du Liban sont parqués, n'ont pas de droits civiques et ne peuvent exercer une longue liste de métiers. De l'humour ? De l'ironie ? Non, encore une fois "The Soft Bigotry of Low Expectations", décidément un concept qui marche. Plus les Libanais se comportent comme des idiots, plus on les infantilise, et plus ils se comportent en retour comme des enfants gâtés. 

Moi je vais l'acheter ce rosaire Nasrallah. Avec un peu de chances, il a été fabriqué en Chine. Un pays communiste qui a tout compris du capitalisme et se fout de savoir qu'un rosaire doit porter un visage chrétien. L'important c'est que le produit ne coûte pas cher et qu'il soit acheté par des gogos. Le modèle Obama doit déjà être en chantier quelque part à Shenzen. 

|

20 janvier 2009

The Soft Bigotry of Low Expectations

C'est donc aujourd'hui qu'on a pu assister à l'avénement du messie. Grâce à cet homme, le monde entier, qui a regardé cette fantastique cérémonie bourrée de peoples, sera bientôt rédimé. Barack Hussein (C'est important !) Obama a déjà changé l'eau en vin, ou plutôt a mis de l'eau dans son vin, marché sur l'eau, en fait marché sur Washington et s'apprête maintenant à résoudre les problèmes des nécessiteux. Que la vue soit redonnée aux aveugles ! Que Dick Cheney se lève de son fauteuil ! Qu'on fasse croire que Shakira ou Beyoncé peuvent parler politique pendant plus de 4 secondes !

L'avenir paraît si sombre que les espoirs des habitants de la planète s'incarnent dans le président Obama. Possédant un second prénom à connotation islamique, il saura se prouver ami des Arabes. A moitié noir, il écoutera les Africains. Américain, il sera l'allié d'Israël. Successeur de Bush, il se réconciliera avec les Européens. Et comme il a grandi à Hawaii, il pourra dialoguer avec les Asiatiques. Or, Obama devra bientôt rompre le charme et prendre des décisions. Il a certainement conscience du poids colossal qui pèse sur ses épaules, mais ce fardeau a été son arme pour gagner les élections. Il n'a pas d'expérience, il est une expérience. Et quel que soit le travail qu'il accomplira, et je ne doute pas une seconde qu'il sera un bon président, il ne peut que décevoir.

Il devra notamment s'occuper de la situation à Gaza, et contribuer à la résolution de cet étonnant paradoxe : alors que le monde entier acclame son accession au pouvoir, cette même opinion publique fustige la réponse "disproportionnée" d'Israël contre le Hamas qui devient maintenant la victime des bourreaux juifs. La lecture de quelques journaux bien-pensants est toujours édifiante : alors que Siné fustigeait les salopards qui avaient plastiqué sa maison en Corse, le même ne voit pas du tout le lien avec les terroristes du Hamas qui, en se dissimulant dans la population et actionnant leurs roquettes au milieu de civils, attirent la foudre de l'armée israélienne. L'antisémitisme est maintenant un fléau de mieux en mieux accepté, sous couvert d'antisionisme. Existe-t-il un autre pays au monde qui possède ses cohortes d'ennemis souhaitant tout simplement sa destruction ? Y-a-t-il eu dans l'histoire une armée à qui on a demandé autant de comptes et surtout, compté les victoires militaires comme des défaites ?

L'intervention à Gaza, qui reprendra sûrement bientôt, était une défaite morale pour la communauté internationale qui a toujours refusé de considérer que recevoir des roquettes sur Sderot et Ashkelon était inacceptable pour Israël. Elle a également contribué à rappeler au monde le thème de ce billet qui constitue mon titre pour aujourd'hui : comme on continue à prendre les pays arabes pour incapables de se diriger, qu'on les infantilise indirectement comme au temps des colonies, on leur passe tout, même l'inacceptable. Ils veulent détruire Israël ? Bah, on les sait tellement idiots qu'ils n'y arriveront pas, alors pourquoi intervenir ? Le problème, c'est que même les enfants peuvent blesser, et surtout, que les enfants grandissent. 

Depuis que Chroniques Beyrouthines a fermé, il n'existe plus de blog francophone consacré au Liban. Il me manque cette possibilité d'indignation que permet un blog, média personnel de dialogue qui présente aussi le fâcheux inconvénient d'attirer les trolls. Mon niveau d'indignation est maintenant remonté, notamment grâce à un retour temporaire au Liban. J'ai de nouveau besoin de témoigner de ma colère devant un monde qui confond de plus en plus un président américain et un messie ou un groupe de terroristes et de courageux résistants. Pourvu que ça dure.

|

30 octobre 2008

Paraprosdokian



Quoi qu'il arrive, l'élection du président des Etats-unis nous concerne tous. En conséquence, chacun a son opinion sur les forces et faiblesses des deux principaux prétendants au titre. J'entends beaucoup de choses, parfois qui m'horripilent devant l'idéalisation de cette élection. D'abord, évidemment, cette "obamamania" que je n'arrive toujours pas à percer mais qui repose sur plusieurs idées reçues. D'abord qu'Obama incarne le changement, un peu selon les mêmes recettes de com' qui en France ont fait apparaître Sarkozy comme un candidat de rupture. Dans les deux cas, on parle de politicien professionnel, avocat avant d'avoir de plus vastes ambitions, et qui sont juste assez "immigrés" pour ne pas avoir à le rappeler tout en n'ayant donc pas à prouver leur ouverture sur le monde. Je rappelle qu'Obama, même s'il a des origines kényanes, est un HOMME, ce qui en soi ne représente pas de changement particulier. S'il fallait saluer une innovation dans ces élections, ce serait la nomination d'une vice-présidente femme par les Républicains, mais cette fois-ci, à l'instar des Ségolène Royal, on a préféré s'étendre sur ses soi-disant faiblesses qu'on n'aurait jamais reproché à un homme. Sarah Palin a des positions sur nombre de sujets de société qui m'effraient, notamment sur l'avortement ou la religion, mais Obama est également inquiétant sur son programme militaire. On reproche à Palin d'être une gourde, on oublie qu'Obama est persuadé qu'il existe 57 Etats aux USA. Le monde entier veut qu'Obama soit président, parce qu'il est jeune et excellent en communication. De plus, soutenir les républicains est suspect : ce sont des méchants qui ne pensent qu'à l'argent. Lincoln, le président abolitionniste, était républicain, et si on parle de richesse, le trésor de guerre d'Obama est beaucoup plus conséquent que celui de McCain. Pour preuve, la demi-heure de propagande qu'il s'est offerte sur les télévisions américaines et qui montre qu'il peut dépenser sans compter.

Est-ce suffisant pour gagner une élection ? Si le monde votait, Obama serait élu, mais heureusement, seuls les Américains choisissent leur leader. Un seul non-WASP a été élu jusqu'à présent, le catholique d'origine irlandaise Kennedy. On connaît l'importance de sa communication, notamment le fameux débat contre Nixon qui fut, en 1960, une innovation avec l'arrivée de la télévision dans l'arsenal des candidats. Obama a misé sur Internet, ce qui est intelligent, alors que McCain mise sur les robocalls, ce qui serait rétrograde. C'est oublier que nombre de foyers connectés à Internet ne sont pas habités par des geeks, et que l'impact d'Internet reste marginal en 2008. Concernant les réseaux, Kennedy avait reçu entre autres l'appui des fameux teamsters, des Irlandais (aujourd'hui 65 millions d'électeurs potentiels) et avait réussi à fédérer les minorités sur son nom. Obama aura plus de difficultés : même si les sondages le donnent largement gagnant (comme Kerry à la même époque en 2004), nombre d'électeurs préféreront déclarer leur soutien au candidat démocrate mais ne pourront se résoudre à voter pour un noir. McCain, en revanche, cumule les atouts : un passé militaire glorieux, une expérience en politique sans tache, une réputation de franc-tireur et surtout, c'est un homme blanc. On lui reproche son âge, ce qui est compréhensible, et de s'être adjoint une femme comme VP, ce qui reste pour moi une source d'étonnement : comment la France, entre autres démocraties progressistes, peut-elle ne pas saluer ce progrès que les démocrates n'ont jamais osé, et même qu'ils ont rejeté en intronisant Obama plutôt que Mme Clinton ? 

Qu'on me comprenne : je n'ai rien contre Obama, bien que je penche depuis des années vers McCain. La démocratie américaine est ainsi faite que le parti ne signifie pas grand chose ; un républicain de NYC est très proche dans ses idées d'un démocrate du Texas. Il existe non pas 1, mais 50 partis républicains, et idem pour le parti démocrate. Il n'existe pas de Red states ou de Blue States, mais une Amérique violette, de laquelle penser que les intellectuels ne sont que sur la côte Est et les ploucs dans le Midwest est un jugement arrogant qui montre qu'on se raccroche à l'image des USA que diffuse Hollywood. Ces dernières semaines, j'ai eu la chance de voyager à New York et à Bruxelles. L'Amérique continue de me faire rêver, alors que l'Europe reste un mystère. Où va l'Europe ? Que veulent ses dirigeants ? Quel destin nous proposent-ils ? Le rêve américain continue, avec son pendant cauchemardesque et les multiples défauts qu'on peut reprocher aux 50 Etats américains (je le rappelle au cas où les botcrawlers démocrates d'Obama passerait par ici). Mais force est de constater que quand les USA vont mal, le monde aussi va mal. 

Quel que soit le résultat, la page Bush sera tourné. On sait ce qu'on perd, on ignore encore ce qu'on va gagner. Je souhaite juste que si Obama devient président, il n'ait pas à gérer une crise des fusées. Mais je pense que la semaine prochaine, ce sera encore un républicain qui sera à la Maison blanche. Je peux tout à fait me tromper, et je le répète, Obama et McCain présentent des atouts. Mais franchement, qui veut du bureaucrate Biden comme président ? En Europe, peut-être, mais pas aux USA.

|

12 octobre 2008

Fac ut vivas

|

22 septembre 2008

Privatiser les recettes, nationaliser les pertes ou Du passé faisons table rase

Deux hommes du passé démissionne coup sur coup, à ma plus grande joie. Thabo Mbeki part de la présidence de l'Afrique du Sud, avec un bilan plutôt négatif. Passons sur ses théories fumeuses sur le SIDA ou son amitié avec Mugabe, Mbeki a surtout démérité pour ne pas avoir su tirer parti du formidable potentiel sud-africain. Coupures de courant sur tout le pays, incapacité à régler les conflits armés africains, insécurité hallucinante, corruption généralisée, l'Afrique du Sud est en mauvais état, alors que ce pays pourrait être un paradis sur terre et une puissance régionale, voire au-delà. Desmond Tutu, que j'avais évoqué à l'occasion d'un post sur la très belle philosophie Ubuntu, avait accusé Mbeki de s'entourer de bénis oui-oui, de créer une petite oligarchie noire et dene pas penser assez aux townships. Mbeki, qui passé des dizaines d'années en-dehors de l'Afrique du Sud, a sûrement péché par manque de connaissance du pays. Concernant sa succession, ce sera bientôt la fin des Xhosa à la présidence, après Madiba et Mbeki, et le temps des Zoulous comme Jacob Zuma viendra sûrement. En attendant, c'est Kgalema Motlanthe qui devient président par la grâce de l'ANC, ancien parti marxiste qui a gardé les bonnes habitudes de confondre finances de l'Etat et caises du Parti.

L'Israélien Olmert avait la même habitude. Il abandonne son poste de premier ministre en laissant un héritage qui semble impossible à gérer pour son éventuel successeur, laissons le terme au masculin car je ne sais pas comment on le dit au féminin. Tzipi Livni, si c'est elle, n'aura pas la partie facile, et ouvre déjà une alliance entre Kadima et un Bibi Netanayahou de sombre mémoire. On ne peut que souhaiter la réussite de cette femme pragmatique qui négocie pour une paix durable avec les Palestiniens, et qui sait que, menacé de toutes parts, Israël ne peut se permettre d'être miné par les scandales de corruption qui ont rythmé le mandat d'Ehud Olmet. A l'heure où la Syrie se prépare sinon à revenir au Liban, en tout cas à une confrontation prochaine, Israël a tout intérêt à montrer un front uni, et pour ça, un coup de torchon d'envergure s'impose. Il faudra commencer par admettre certaines erreurs du passé et à faire cesser les mauvaises habitudes.

Et puis un homme du passé fait peau neuve, ou presque. La rédemption est à la mode, mais je n'aurais jamais pensé que Samir Geagea, bien que leader chrétien, s'y prête. Il l'a pourtant fait ce week-end dans un geste qui ne manque pas de panache. Seul leader de milice au Liban à avoir purgé une peine de prison, il est également le seul à expier publiquement les crimes des Forces libanaises pour tourner la page du passé. Bien entendu, ce n'est pas suffisant pour Aoun, qui aurait voulu des excuses nominales et le siège de président, mais qui ne demandera jamais pardon pour ses exactions personnelles. Vous n'aimez pas Geagea, je n'aime pas Geagea, mais il faut lui reconnaître une volonté (apparente ?) de dépasser les horreurs du passé. Est-il pour autant un homme d'avenir au Liban ? Contrairement à l'Afrique du Sud ou Israël, la relève n'est pas assurée.

|

17 septembre 2008

Ziggyyyyy

Ah il a bien dû rigoler, le locataire de l'Elysée, à nous voir nous étriper les uns avec les autres pour la venue de Ben XVI (mais j'y pense, ça veut dire qu'il y en a eu 15 avant lui ??). Je suis tombé dedans le premier, alors même que ce genre de diversions est l'une des plus faciles et les plus connues du jeu politique : faire venir un personnage controversé et en rajouter dans la flagornerie pour susciter une polémique qui n'aboutira à rien, mais permettra de détourner l'attention de problèmes plus sérieux. Quand Kadhafi est venu planter sa tente à Paris, peu l'ont défendu, les rares qui n'ont pas traité le roi de l'Afrique de dangereux fou criminel sont ceux qui appuient Sarkozy contre vents et marées. Mais le pape, c'est autre chose. C'est sacré ! Donc, quand les défenseurs de la laïcité s'indignent qu'on fasse un accueil républicain à un personnage aussi rétrograde, misogyne et homophobe (mais pas contre un peu de pédophilie de temps en temps), nombreux sont les Français pourvus d'une éducation catholique qui y voient un affront à leur foi. Dialogue de sourds donc, les uns s'estimant offensés qu'on ridiculise la République française, les autres se considérant outrés qu'on puisse attaquer le représentant le plus illustre de la chrétienté. Pendant ce temps, Sarkozy marie son fils (par le pape ?) et continue sa politique. Je ne pense pas qu'elle soit si mauvaise que ça, la politique à Sarko, mais il faut bien parfois donner du pain et des jeux aux Français pour permettre à l'UMP de travailler tranquillement. Le pape a été l'attraction-distraction de la semaine. Qui sera la prochaine ? Réponse en fin de post.

Idem pour Sarah Palin : le personnage est tout aussi archaïque et hypocrite, mais permet de détourner le débat sur des sujets plus sexy que le maintien des troupes en Irak et en Afghanistan ou la crise financière qui frappe l'Amérique et le reste du monde. Sauf bien sûr, le Liban qui parvient toujours à développer un système indépendant des grandes tendances mondiales :

La crise sur les marchés mondiaux n’aura aucune répercussion sur l’économie libanaise, ni sur les secteurs bancaire et financier locaux, a affirmé hier le ministre des Finances, Mohammad Chatah.


C'est tant mieux, Monsieur le Ministre, voici au moins une tempête à laquelle le Liban échappera. Car les élections au sein de Kadima vont donner le nouveau guide de la politique israélienne, et ce sera sûrement un changement radical d'avec Olmert le brigand : ex-Tsahal (Mofaz) ou ex-Mossad (Livni) ? La grande tradition des premiers ministres israéliens issus de l'une ou l'autre de ces institutions se perpétuent, alors qu'en France on n'a plus que le choix entre avocat ou énarque. Une fois que les Israéliens auront choisi, puis que les Américains se seront décidés, on aura la nouvelle paire gagnante qui décidera du destin du Liban qui aura été, rappelons-le, le seul pays au monde a échapper à la crise financière des "subprimes". Alors doublé des anciens de l'armée Mofaz-McCain ou jeune garde Livni-Obama ? Je penche pour un compromis Livni/McCain, mais je me méfie : plus les non-Américains aiment un candidat (en l'occurence Obama), moins les Américains l'élisent. Il faut donc encourager l'obamamania et participer au choeur des politiques français qui, dans leur intégralité, souhaitent que le candidat démocrate soit élu. Etrange non, qu'à la fois l'UMP et le PS tombent d'accord sur le futur président américain ? Pensez-vous qu'ils nous jouent la comédie en prétendant n'être d'accord sur rien en France ?

Finalement, quelle importance ? Je me passe en boucle l'interview de Céline Dion par Denise Bombardier, celle-là même qui considère avec son bel accent québécois que "les Français font pas leur job de défendre la langue françaiiiiiise". J'y prends des morceaux de sagesse et d'humilité, cette femme ayant concentré en elle philosophie occidentale et orientale dans une synthèse parfaite et transcendante. Céline ne chante pas avec ses cordes vocales, elle chante avec son coeuuuuur, comme elle le dit avec conviction mais modestie. Et ça c'est important. La prochaine fois que Céline vient en France, j'espère qu'elle sera accueilli par le président, qu'elle viendra s'exprimer devant l'Assemblée nationale et qu'elle nous achètera des centrales nucléaires. Et je la défendrai bec et ongles contre les moqueurs et les mécréants qui ne comprennent pas que Céline, c'est de l'amouuuur. Comme le pape, mais en plus québécois.

|

12 septembre 2008

Death Magnetic

Chaque semaine, les news magazines français nous donnent l'opportunité de nous instruire en nous distrayant, l'objectif étant souvent de procurer l'info la plus pertinente et la plus utile, et si possible de fournir un scoop au lecteur afin de rester leader dans la collecte des nouvelles. Ainsi, l'Express, garant de la ligne "gauche qui vote à droite", a eu l'excellente idée d'enquêter sur "les copains d'abord", titre d'une chanson de Georges Brassens qui barre la une du mag, avec en photo l'acteur dramatique Christian Clavier en plein conciliabule avec not' président. Le Nouvel Obs', partisan d'une gauche qui part au Club Med, a préféré aborder un sujet radicalement différent et offre comme dossier "les amis du président". L'idée ici est d'évoquer les amis du président, alors que L'Express enquête sur les copains du président, nuance. Quant à l'hebdomadaire Le Point, il propose un dossier rarement abordé par ce genre de journalisme : un "spécial vins" ! Ce n'est pas Paris Match, qui titre sur le divorce de Bébel, qui oserait rentrer dans un sujet aussi polémique et s'adonnerait à ce genre de journalisme d'investigation. Challenges de son côté, aborde "les réseaux catho", ce qui est une bonne idée puisque leur chef vient en France, pendant que Valeurs actuelles titre "les cathos relèvent la tête" (car eux aussi sont des victimes) et que Le Pèlerin note, avant même l'arrivée de l'hyper saint père que "la France accueille Benoît XVI, qui est le nom de code du pape. Le Pèlerin propose ainsi, dans la grande tradition des démocraties soviétiques, un compte-rendu de ce que sera la visite du dernier poilu des jeunesses hitlériennes, et considère déjà que grâce à Benoît, la France se réconcilie avec la finance. 

Alors fallait-il, devant la qualité incontestable de nos hebdomadaires, en proposer un de plus aux lecteurs déjà très concentrés sur le vin, les copains du président et le pape, et à peine remis des dossiers lourds de l'été, comme "le sexe en vacances" ou "les réseaux des franc-maçons" ? Siné a estimé que oui, surtout depuis qu'il a réussi à se faire virer de Charlie Hebdo, et fait donc partie de la cohorte des victimes. Car tout le monde ne peut pas être victime, mais l'humanité doit se diviser entre ceux qui souffrent d'un côté, et ceux qui en sont responsables de l'autre. Siné ne pense pas autrement quand il soutient avec force les terroristes palestiniens, mais traitent de noms d'oiseaux leurs cousins corses qui ont plastiqué sa maison en Corse. Ce n'est pas pareil, s'étrangle Siné ! Les terroristes corses sont des enfoirés ! les terroristes palestiniens sont des victimes. En même temps, qui aurait envie de se faire construire une villa dans la bande de Gaza ? Visiblement aucun des contributeurs de Siné Hebdo, que ce soit Isabelle Alonso, Christophe Alévêque ou Delfiel (non non, je n'ai pas fait de faute, c'est une tentative de jeu de mots) de Ton. 

Chaque mercredi, quand j'en ai la possibilité, je lis le Canard enchaîné et Charlie Hebdo, ce qui n'est pas toujours évident car autant le Canard est distribué dans les avions gratuitement et peut donc être lu par un réseau d'expats qui se le prêteront, autant les CCF refusent toujours, à Beyrouth ou à Bratislava, de s'abonner au sulfureux Charlie. Le Canard est souvent rempli de faits divers bêtes et méchants à la Marianne avec parfois une bonne enquête,  mais Charlie s'est transformé et a bien vieilli : de journal contestataire et peu constructif bien que très drôle, il est devenu un hebdo drôle toujours, mais aussi de réflexion et "adulte", s'ouvrant au monde plutôt que le critiquant depuis une chambre d'ado boutonneux, et admettant bien volontiers qu'être "pour les Palestiniens" n'est pas un brevet de morale et n'empêche pas de comprendre Israël ou même le Liban. C'en était trop pour Siné, beauf et fier de l'être, qui conchie la musique qui n'est pas jazz (seuls les noirs, anciennes victimes des "Ricains", savent faire de la zique alors que Mozart préfigurait l'anschluss), considère les femmes avant tout dans un souci de baise (ces "salopes" ne sont pas victimes, mais consentantes) et invite donc des amis à lui pour justifier sa petite ligne idéologique qui consiste à poser qu'il a eu raison de défendre Vergès, même quand celui-ci était payé par le banquier du nazisme (François Genoud) et que Val, rédac' chef de Charlie, est sarkozyste. Siné Hebdo, en plus des nullités d'Alévêque (qui est autant humoriste de gauche que je suis apiculteur roumain), propose ainsi un texte de Normand Baillargeon, ami de Noam Chomsky le spécialiste des attaques contre les vrais systèmes totalitaires, qui explique que l'anarchisme "prône une conciliation possible et souhaitable entre le socialisme et son principe d'égalité, et le libéralisme et son principe de liberté". Fantastique non ? François Bayrou est anarchiste ! Le reste est de la même eau, avec un texte express de Michel Onfray, qu'on a connu plus inspiré, décrivant les crétins utiles qui votent bien entendu à droite, mais aussi à gauche pour Ségolène Royal qu'il avait pourtant soutenu, mais "avant". Il est toutefois bon de procéder à une autocritique, et le billet d'Onfray sur les crétins utiles me rappelle les bobos croqués autrefois par Brétecher dans Le Nouvel Obs...

Rassurez-vous, Siné Hebdo aborde aussi les grands sujets comme la visite du pape et la grossesse de Rachida Dati (notamment un dessin très classe, où elle dit qu'elle ne connaît pas le père de son enfant parce qu'elle a été victime d'une tournante. hahahaha. Oué mais elle est au gouvernement alors forcément c'est une salope), mais pour dire qu'on s'en fout. Je crois que je continuerai d'acheter Siné Hebdo, j'ai encore besoin d'apprendre sur cette partie de l'humanité qui met en avant sa générosité et sa liberté, mais qui pensent qu'il existe un bon et un mauvais terrorisme. Jusqu'à en être victime un jour ?

|

08 septembre 2008

Strandhögg

Hassan Nasrallah, a fait preuve hier de très bonnes dispositions à l’égard de tous, même s’il a tenu à justifier l’agression qu’il a ordonnée contre Beyrouth le 7 mai, assurant qu’elle était destinée « à empêcher la guerre civile ».

Je pense que ce trait d'esprit se passe de commentaires. Tout comme le meurtre de sang-froid d'un officier de l'armée libanaise par un hezbollahi, depuis remis aux autorités (qui, on en est sûr, vont le condamner à mort). Le hezbollah est un parti fasciste, que chacun se fasse son opinion en lisant les faits dans la presse ; chaque jour amène son lot de preuves, mais les enragés n'y verront qu'un honnête rassemblement de boy-scouts très pileux dont le patriotisme et l'amour de la patrie les poussent à détruire le Liban pour son bien. Nicolas Sarkozy est bien allé voir le parrain des castor juniors en Syrie, persuadé que contrairement à tous ceux qui l'ont précédé, il ne se ferait pas avoir par le rejeton Assad. Revenu une main devant, une main derrière, notre président a sans doute compris que si la Syrie parvient à orchestrer le Moyen-Orient depuis quarante ans, il y a peut-être finalement une bonne raison. La capacité de nuisance de la Syrie aurait même pu devenir nucléaire si Israël n'y avait mis un discret mais ferme arrêt, mais on préfère considérer que l'Etat hébreu est un ferment de guerre, alors qu'il faudra bien reconnaître un jour qu'il est au contraire parvenu à empêcher des conflits beaucoup plus sanglants que ce que l'on a pu subir jusqu'à maintenant.

un ouvrage qui sera publié la semaine prochaine aux États-Unis a révélé hier qu’en août 2007, Israël avait envoyé deux hélicoptères transportant 12 membres du commando de l’unité Sayeret Matkal en Syrie pour recueillir des échantillons de la terre se trouvant dans les parages du présumé site nucléaire à Deir-ez-Zor. Intitulé La guerre secrète avec l’Iran, l’ouvrage, écrit le journaliste Ronen Bergman, indique que « les résultats de l’analyse des échantillons ont clairement prouvé que le projet nucléaire existe bel et bien ». Le mois suivant, l’armée israélienne bombardait le site, relève le Jerusalem Post, qui rapporte l’information.

Je n'aimerais pas du tout qu'Israël opère le cancer hezbollah, mais devant l'habileté certaine des stratèges iraniens qui téléguident Nasrallah, peut-être faudra-t-il s'y résoudre. Barak, en pleine campagne électorale (ou militaire) admet que l'armée israélienne est prête à frapper TOUS ses ennemis et on ne peut que constater que de nombreux "progrès" ont été faits depuis juillet 2006 : le seul élément faible de la nouvelle chaîne de commande, Olmert, risque d'être inculpé par le procureur général sur avis des autorités policières et fera place à un nouveau leader. Le chef de l'armée israélienne, Gaby Ashkénazi, a commandé les Golanis et semble avoir l'appui du Ministre de la défense. En cas de conflit, le hezbollah sera écrasé et entraînera dans sa chute tout le Liban, comme l'a promis Barak. A moins que...

A moins que la Syrie et Israël ne concluent une paix séparée, que l'Iran ne soit l'objet des attentions israéliennes, que les Libanais s'unissent non pas contre un ennemi commun mais dans un "projet de civilisation", que les religieux perdent de leur influence au Moyen-Orient et se contentent de brailler dans des lieux de culte vides. On appelle ça des voeux pieux, mais je me sens inspiré par la venue du Vraiment Très Saint Père en France cette semaine. La présence de cet homme sur le sol français est une insulte à l'esprit de la République que nous encaisserons comme toujours avec la patience qui caractérise les vrais laïcs (!), mais qu'il ne vienne pas déclamer son habituel couplet de haine, avec les refrains sur le rôle de la femme à la cuisine comme au bon vieux temps de sa Hitler Jugend. Nasrallah le noir et Ratzinger le blanc, deux facettes du même obscurantisme médieval qui continue à enchanter les amateurs de combat contre l'Autre. Je les rejette violemment pour les mêmes raisons, et je ne m'attends absolument pas à être suivi. Après tout, penser qu'une femme ait enfanté un dieu ou qu'une défaite soit une victoire divine montrent qu'on n'est pas particulièrement fan de la réalité. Vu sa laideur actuelle, ce n'est peut-être pas une mauvaise idée.

|

29 août 2008

In Memoriam Jan Palach (1948-1969)

Aujourd'hui 29 août, c'est jour férié en Slovaquie car on célèbre le Jour anniversaire du Soulèvement national slovaque de 1944. Et puis lundi 1er septembre, ce sera le jour de la Constitution de la République slovaque. On est donc en congé pendant quatre jours, mais surtout ça me permet de rappeler un anniversaire injustement oublié et dont je n'ai pas pu parler devant les évènements libanais (qui continuent d'ailleurs mais accordez-moi votre attention, on♠ en reparle) : le Printemps de Prague, qui n'a pas épargné Bratislava. Or donc, il y a quarante ans, la Tchécoslovaquie entend pratiquer le "socialisme à visage humain" avec Alexandre Dubček qui, arrivé au pouvoir, veut apporter une certaine flexibilité au communisme monolithique pratiqué jusqu'alors par Brejnev. L'idée est de conserver l'idéologie imposée par Moscou mais de garantir aux citoyens des droits notamment en décentralisant l'économie et en assouplissant les restrictions sur les médias ou la circulation des personnes .

Commencé le 5 janvier 1968, le Printemps de Prague est écrasé le 21 août lorsque les forces du pacte de Varsovie (URSS, Bulgarie, Pologne et Hongrie) envahissent le pays. 200 000 hommes de troupe et 2000 tanks pénètrent en Tchécoslovaquie et occupent d'abord l'aéroport, puis les grandes villes du pays, dont Bratislava. Bien entendu, la presse soviétique publie immédiatement un appel des tchécoslovaques implorant l'aide des forces armées du Pacte de Varsovie afin de justifier l'invasion. La victime de la barbarie aurait elle-même demandé la hache de son bourreau. Outre 76 morts tchécoslovaques, on retient l'histoire de l'étudiant Jan Palach, né le 11 août 1948, et qui s'immole par le feu le 19 janvier 1969 sur la place Wenceslas de Prague en signe de protestation contre la brutalité de l'Union soviétique et des pays frères. Deux autres étudiants, signataires d'un pacte de suicide, le suivent dans son acte désespéré : Jan Zajic le 25 février 1969, puis Evzen Plocek en avril.

Si j'étais étudiant, j'arborerais un T-shirt de Jan Palach plutôt que de Che Guevara. Ou alors celui-là, que j'ai pu acquérir à Bratislava, et qui commémore la prise de la ville par l'armée rouge. Je suis étonné qu'on n'ait pas parlé plus de cet atroce anniversaire, et en même temps, on avait d'autres chats à fouetter, notamment la reconstitution grandeur nature du "Printemps" en Géorgie. L'armée rouge a montré qu'elle avait conservé ses réflexes invasifs, notamment en affirmant venir à l'aide des populations ossètes et abkhazes en danger, et en pillant et détruisant tout sur son passage sans le moindre état d'âme. C'est joli cette expression "état d'âme". Est-ce que les Etats ont une âme ? Si la Russie est la mère des Russes, je pense que le père s'est barré depuis longtemps acheter des cigarettes.

L'histoire se répète ? Pas vraiment, elle ne s'est jamais vraiment interrompue. La fin de la première Guerre froide ou Troisième Guerre mondiale n'a pas mis fin aux vieux réflexes d'opposition binaire, et les Etats-Unis continuent à être critiqués par les mêmes idiots utiles, ou applaudis contre vents et marées par les sociétaires de la CIA. Choisis ton camp, camarade ! Le monde est toujours divisé en deux, et personne ne semble pouvoir y échapper. Le Liban non seulement n'échappe pas à la règle, mais il semble l'incarner. Deux camps irréconciliables sont toujours face-à-face. Hier, le hezbollah a tiré sur un hélicoptère de l'armée et tué un officier. Hier, Chroniques Beyrouthines a fermé de dépit devant la montée de haine qui sévit sur les blogs. Hier, il y a presque quarante ans, Jan Palach se suicidait pour manifester contre la barbarie. Contrairement aux génies bourrés d'idées reçues, je n'ai pas de solution. Je sais juste que l'humanité a encore beaucoup de travail devant elle, et qu'elle ferait mieux de s'y mettre plutôt que de rejouer le passé.

Mais ne pas oublier. Ni Jan Palach, ni le Liban.

|

26 août 2008

Gamla Stan, c'est mieux la nuit

A quoi reconnaît-on un politicien chevronné ? A ce qu'il est capable de saisir une situation qui lui échappe en prétendant en être responsable. "Quand le chaos s'installe, feignons d'en être les organisateurs". Walid Joumblatt maîtrise parfaitement le jeu politique selon Naharnet :

Progressive Socialist Party leader Walid Jumblat pledged that "the whole state of Lebanon would confront any Israeli aggression."
"If Israel thought of invading Lebanon it would face the same repeated failure," Jumblat added.

He called for bolstering domestic unity by adopting the defense strategy in line with the Doha Accord.

Comme Israël a affirmé vouloir frapper l'ensemble du Liban si le hezbollah parvenait à se greffer sur l'Etat libanais, Joumblatt prétend que la nation fera corps contre l'ennemi, alors même que c'est ce que lui reproche l'Etat hébreu. Auparavant, il existait une sorte d'ambiguité, un Liban qui refusait le fascisme, mais maintenant le Liban intègre le hezbollah et ses milices, et réactive donc la guerre de destruction d'Israël. J'entends Nasrallah prédire la destruction d'un Etat qui n'existe même pas sur la chaîne Al Manar, porte-voix du hezbollah et des gauchistes nostalgiques de la guerre froide, et pour une fois je ne ris pas. Ce fou dangereux est vraiment prêt à sacrifier tout le Liban en le jetant dans une guerre perdue d'avance où Israël réduira le pays en parking fumant. Il y aura des voix qui s'élèveront contre la guerre, mais la plupart des observateurs perdent patience et se détournent du Liban, d'autant que les Libanais finissent aussi par s'en désintéresser. Echange d'ambassadeurs avec la Syrie ? Tout le monde s'en fout. Pas de chef suprême de l'armée ? Pas grave. Arrestations de journalistes par le hezbollah ? Faut pas dramatiser ! La saison touristique a été bonne, les bédouins sont venus dépenser leurs pétro-dollars à Bamdoun, le bronzage bon teint montre qu'on respecte les traditions "d'estivage", on a fait des fêtes mémorables à Batroun et on a uploadé les photos sur Facebook, le reste peut attendre ! Mais l'été prend fin les amis. Que vont faire les cigales de la politique quand l'hiver fut venu ?

Revenant d'un long séjour en Suède, je mesure encore plus ce qui sépare le Liban d'un Etat moderne. C'est d'abord l'individualisme forcené, qui fait qu'encore aujourd'hui, certains "contribuables" libanais en veulent à Fouad Siniora d'avoir introduit la TVA au Liban. Payer des impôts ? Un truc pour les Français ça. Le Libanais ne paie pas ses impôts, ni au Liban, ni ailleurs, c'est une question de principe. De plus, quand la conscription existait, il se faisait un devoir de ne pas se faire entrouper, comme les Français cette fois-ci. Quant au respect du pays lui-même, pourquoi jeter dans des poubelles quand les Africains sont là pour ramasser les canettes par terre ? Pourquoi se préoccuper du délabrement des routes quand on a un 4X4 ? Et pourquoi je devrais baisser ma sono la nuit alors que ça m'a coûté 10 000 dollars de prêt pour l'installer sur ma Subaru ? La Suède m'a humilié, en ce qu'elle m'a montré à quel point un pays pouvait être beau, moderne et facile à vivre quand on respectait un minimum l'autre. Un exemple parmi mille d'autres : l'hôtel où nous sommes descendus accueillait le même soir un rassemblement de corvettes, cette voiture pour dentistes qui connaît le démon de midi. On n'a pas entendu un bruit, ni moteurs qui grognent pour compenser le manque de virilité du propriétaire, ni lancers de canettes à 4h du mat, ni beuglements de chansons à boire comme c'est de règle quand des gars se retrouvent alors qu'ils n'ont d'autre point commun que d'avoir acheté la même voiture. Le respect des autres ne me semble pas naturel, mais les Suédois ont bataillé pour avoir un pays dont le premier intérêt réside dans le calme et la gentillesse de ses habitants (parce que la bouffe, c'est pas encore ça !), ainsi que le respect d'une nature préservée des mégots de cigarettes et des épluchures de pistaches. Et à votre avis, dans l'hôtel des corvettes, qui étaient les plus bruyants ? Gagné ! Les Français ! Il faut dire qu'il faisait 11 degrés, c'est un peu frais pour des Méditerranéens.

Comme la Russie semble soucieuse de reconstituer un empire, pourquoi ne pas remettre le Liban sous tutelle ? La Syrie se porte très bien du soutien fraternel russe, et on sait que le Liban, la Syrie, c'est un peu pareil. Israël n'aurait qu'à bien se tenir, sinon la puissante flotte de Mother Russia pointerait ses canons sur Tel Aviv. Tant qu'à choisir entre les USA, la France ou l'Iran, le Liban ferait un bon choix en introduisant un autre protecteur dans l'équation. Ou la Chine alors ? Peut-être même que le Liban gagnerait une médaille au Jeux olympiques : le retourné de vestes pourrait être discipline aux JO, et Joumblatt est un champion de niveau mondial.

|

18 août 2008

De Stockholm, où l'on remet chaque année le prix Nobel de la paix

Je pense que vous êtes tous au courant de la mésaventure de mon ami David, journaliste français au Liban, survenue la semaine dernière, si vous ne la connaissez pas, M1 la relate. En deux mots, le hezbollah a encore démontré sa formidable aptitude au fascisme en détenant David pendant six heures, en lui faisant passer un interrogatoire en règle et en le menaçant comme s'il appartenait au Mossad. On pourrait pu penser que cet incident déclenche des réactions de compassion. Cela a été le cas de la part des rédactions auxquelles appartiennent David et Nat, qui tenaient auparavant un blog bien connu et proche de celui que vous lisez. Mais c'était compter sans la connerie humaine. Une apprentie journaliste, sympathique mais visiblement perdue au Liban, a relaté "l'affaire Hury" avec une certaine légèreté sur un blog, où elle cite notamment comme sources pour comprendre le Liban un article de Georges Corm (!). Evidemment, un commentaire d'une stupidité affligeante a suivi, qui montre que nombre d'idiots utiles continuent à défendre le parti de dieu, malgré les preuves de sa nature antidémocratique qui s'accumulent :

Tout le monde sait que le Hezbollah est dans le collimateur d'Israël.. Je conçois que la mésaventure de de Monsieur Hury ait été désagréable. Ne pensez-vous pas néanmoins que le Hezbollah est en droit de prendre des précautions et de vérifier quelles sont les intentions des "visiteurs" de la banlieue Sud ?.


La jeune, très jeune, fille qui tient ce blog, répond que "J'aurai tendance à vous répondre oui, qu'ils ont raison de contrôler les "visiteurs" de la banlieue sud, notamment. Car, comme vous le dites, des précautions s'imposent. Mais, de là à faire passer un interrogatoire, pendant six heures, à un journaliste, il ne faut pas exagérer."

Mais ChristianD, qui visiblement a bien compris le texte à apprendre par coeur par les soutiens occidentaux du hezb, contre-attaque devant la faille béante de l'argumentation de la trop jeune journaliste :

Si vous êtes d"accord que des précautions s'imposent, alors à partir de combien de minutes, d'heures, un interrogatoire devient "exagéré"?

Je me fais un peu l'avocat du diable, mais je vois mal le Hezbollah se contenter de l'agrément du Ministère comme garantie. Si j'ai bien compris, votre ami est un journaliste "free-lance" Dans ces conditions, vérifier l'exactitude de ses affirmations a dû prendre un certain temps.

La question de la "neutralité" des journalistes demanderait de bien plus longs développements..

Certes, et j'aimerais connaître une fois dans ma vie un journaliste neutre, tout comme je serais curieux de rencontrer un juge impartial ou un citoyen juste. Mais ce petit échange montre bien les progrès remarquables en communication du parti de dieu, qui joue sur du velours devant l'antiaméricanisme violent qui sévit dans le monde. Il n'est que de voir les exactions osséto-russes en Géorgie, qui déclenchent chez certains un grand sentiment de revanche ou de jouissance (car Saakachvili est le représentant du diable puisqu'il n'est pas pro-russe mais pro-occidental) pour comprendre comme le hezbollah utilise ce sentiment de rejet des occidentaux honteux de leurs gouvernements post-coloniaux, écrasés par le fardeau de l'homme blanc, gavés de propagande victimaire, harassés par l'idée que l'occidental n'a jamais rien fait de bon dans son histoire sinon opprimer les autres qui étaient tous sans exception de bons sauvages.

Ce qui est arrivé à David montre que le hezbollah, Etat dans l'Etat, ne s'embarrasse même plus d'apparences démocratiques. Ce parti fasciste sait très bien qu'il peut compter sur des témoins aveugles qui nieront ses aspects néfastes et lui pardonneront de façon maternelle car, après tout, "il est le seul à résister au Capitalisme américano-israélien". Pourquoi ces néo-gauchos ne s'exilent-ils pas dans des bonnes dictatures comme l'Iran ou la Syrie qui portent à bout de bras le hezb et le financent et l'arment au mépris de toutes résolutions de l'ONU ? Les joies d'être un communiste dans un démocratie ! Le bonheur de critiquer Bush ou Sarkozy en sachant qu'on n'ira pas en prison comme si on se permettait un commentaire du Bachar el Assad en Syrie ! L'exaltation d'être un petit rebelle au système, bien protégé par les lois de son pays qui n'admettent pas la détention arbitraire, pour le citoyen ou le journaliste !

David est mon ami, mais au-delà de ce que je ressens pour lui et sa famille, que j'aime tout autant, je suis scandalisé qu'on puisse interroger un journaliste comme au temps des systèmes totalitaires, avec en plus des réactions d'imbéciles qui estiment qu'il ne faut pas dramatiser. Quand faudra-t-il dramatiser ? Quand le hezbollah caviardera les articles des correspondants étrangers au Liban ? L'occident présente bien des défauts, et on sait que les Etats-Unis aiment "embedder" les journalistes pour leur faire voir leur vérité, sans parler du comportement souvent inacceptable des Israéliens vis-à-vis des reporters. Mais que l'occident ait des défauts ne justifie pas une seconde le fascisme du hezbollah, et la peur qu'il a infligé à mon ami et sa famille. Le hezbollah ne se cache même plus, car il sait que quoi qu'il fasse, il aura des supporters qui croient en la victoire divine de 2006. Je ne sais plus quoi faire.

|

11 août 2008

Enslaved

Parce qu'elle possède un accord de protection de "ses" minorités, la Russie décide de frapper la Géorgie qui tente de conserver son unité, certes par la force, mais sur son territoire souverain. La Russie qui défend les Ossètes, c'est comme si la France, protectrice des maronites, décidait de frapper au cœur du Liban pour aider une communauté qui refuse de faire partie d'un ensemble qui la dépasse. Un principe médiéval érigé en concept néo-colonialiste. La Russie se sent menacée, on se doute qu'il s'agit avant tout d'un différend sur les richesses de son ex-empire, mais on a du mal à comprendre sa stratégie : en attaquant un Etat souverain, elle s'expose à des sanctions internationales qui risquent de la placer encore plus à l'écart, sans compter les réactions plus brutales que pourraient prendre les pays maintenant indépendants comme l'Ukraine. Certes, la Géorgie est aidée par les Etats-Unis, qui ont notamment dirigé sa révolution des Roses, et son objectif est d'intégrer l'OTAN au plus vite. Mais analyser le monde de façon binaire, globalement en considérant que tout ce que soutient les Etats-Unis est foncièrement mauvais, résulte d'une logique enfantine ou pire, idéologique.

Je passe donc d'une région complexe, instable et bourrée de blessures historiques à une autre. Pour comprendre l'Europe centrale et de l'Est, quoi de mieux que la culture, la vraie, celle qui permet d'embrasser l'histoire avec plaisir et intelligence ? Je recommande donc chaudement la lecture d'un joyau tchèque Moi qui ai servi le roi d'Angleterre, de Bohumil Hrabal. Dans une langue faussement candide, l'auteur parvient à décrire un morceau de l'histoire de son pays par des scènes absolument brillantes, je pense notamment à ce général qui paie les musiciens d'une soirée endiablée en leur jetant ses nombreuses décorations militaires qu'il arrache à coups de ciseaux, ou à la visite de l'empereur d'Ethiopie et de l'incroyable banquet qui s'ensuit, ou de la montée du fascisme à Prague, ou... Lisez-le, ce chef-d'œuvre vient d'être porté à l'écran, mais je ne vois pas comment l'adaptation cinématographique peut être aussi riche que l'ouvrage initial.

Et évidemment, qui dit culture, dit voyage et gastronomie. Budapest se révèle moins majestueuse que Vienne ou moins envoûtante que Prague, mais elle reste une ville magnifique et la cuisine hongroise est de très bonne tenue, ainsi que les vins qui vont avec. Pour l'essayer, deux adresses à recommander : Klassz, découvert par hasard sur l'avenue Andrassy, et dont les serveurs, compétents et gentils, savent parfaitement accorder vins et mets hongrois revisités ; et Menza, à quelques pas du premier, dont le décor volontairement vintage communiste ajoute une touche d'ironie à des plats excellents et, comme dans Budapest en général, peu onéreux. Et puis, pendant que j'y suis, ce blog étant aussi un peu mon carnet de voyages, Izabella est un hôtel excellent, pas cher, central et avec des chambres vastes comme des suites, mais les bains Gellert sont une attraction dont on peut facilement se passer : un labyrinthe mal entretenu qui donne sur des piscines qui ont perdu d'une splendeur qu'ils n'ont peut-être jamais eus. Cette splendeur passée et dont il ne subsiste que des vestiges fumants comme des bains turcs : c'est peut-être ça l'âme slave, ce qui explique pourquoi la Russie est prête à basculer dans l'après-après-guerre froide en s'en prenant à un protégé de l'occident qui le défie dans ses Marches. Parce que rapprocher l'indépendance du Kosovo à celle de l'Ossétie du Sud ne semble pas avoir force de logique pour l'Empire de Poutine. Je pense que je vais encore lire quelques auteurs du cru avant de prétendre à la compréhension des Slaves. Et me resservir en pinard.

|

05 août 2008

USA, USB, USC

Si vous vous demandiez la différence entre Slovaques et Tchèques, la photo ci-contre vous l'explique. A gauche, les Slovaques sont des gros hippies qui fument des joints comme des gauchos moyens, à droite, les Tchèques boivent des piles. Cela explique peut-être le monde qui sépare leurs deux capitales, Bratislava et Prague. Au retour (fructueux) d'un séjour dans la capitale tchèque, je suis encore affolé de la beauté de la ville. A un moment, à force de lever le nez pour ne pas louper une merveille architecturales, on commence à en avoir marre de voir tant de bâtiments somptueux, rescapés de l'âge d'or de l'art nouveau, comme en témoignent les superbes illustrations de Mucha. Je vous en mets une pour que vous mettiez un nom sur un style que vous connaissez bien, tant il a inspiré l'illustration contemporaine, et je ne peux que vous recommander son œuvre, présente dans Prague sous forme de vitraux, de fresques et de tableaux. Pendant qu'on y est, je vous encourage également, en cas de séjour dans ce splendide vestige du bon vieux temps impérial, à aller déjeuner au Café Savoy, à vous ébattre dans la piscine de l'hôtel Carlo, et à vous perdre dans les ruelles pour tomber sur la librairie Shakespeare qui reste ouverte tard dans la nuit. Et puis à me rendre visite, j'y serai souvent pour le travail.

Et la Slovaquie ? Me dira-t-on, et on n'aura pas tort. Là aussi, je recommande une des expériences les plus étranges de ma courte vie, car c'était la première fois que je me sentais en état d'ébriété sans picoler. Pour ce faire, essayer les bains de boue chaude de Pistany, un complexe thermal sur une sorte d'île où le temps s'arrête. La Slovaquie possède un potentiel touristique important qu'elle ne parvient pas encore à mettre en valeur. Pourtant, quelques touristes en profitent chaque année, et j'ai été étonné par le nombre d'Arabes qui appréciaient les lieux. Je me demande comment se passe la cohabitation. Les Slovaques sont très catholiques, et j'ai pu noter une forte résurgence de l'extrême droite, notamment par la présence des marques-phares des nazillons comme Lonsdale, Thor Steinar et autres symboles de la "White Supremacy". Les regards sur les femmes voilées ne sont pas tendres, plutôt exaspérés, mais la situation économique slovaque est très bonne, donc pas de pogroms ni de ratonnades. En cas de récession, les immigrés risquent de faire les frais d'un sentiment national qui se cherche après l'Empire, l'ère communiste et la Sécession d'avec la République tchèque. En attendant, les "ethnies" cohabitent. Regardez cette scène prise à Piestany : elle pourrait se dérouler à Beyrouth (notons l'absence des femmes et des mouflets, faut pas déconner non plus, on reste entre hommes).

Bref, je prends mes marques dans une région déjà passionnante. Ce qui, comme promis, ne m'empêche pas de garder un oeil sur le Liban. Et me permet de mélanger les deux cultures, slave et arabe, pour faire remarquer que décidément, la situation libanaise devient kafkaïenne :

Les États-Unis ont demandé des explications officielles au Liban après les déclarations d’un haut responsable sur des préparations en cours visant à libérer les fermes de Chebaa par les armes au cas où les négociations diplomatiques avortaient.
« Vous nous avez beaucoup surpris », ont ainsi dit les Américains aux Libanais, lesquels se sont empressés d’éclairer leur lanterne et de les rassurer, en leur répétant qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. « Nous allons utiliser l’expression “libérer les fermes par les moyens dont nous disposons” dans les textes officiels », ont précisé les Libanais – sachant que la troupe ne dispose pas des armes adéquates pour libérer les hameaux de Chebaa ou les collines de Kfarchouba.


C'est formidable, non ? Je connaissais le double discours, mais à ce niveau là, je ne sais pas comment ça s'appelle. Je me demande ce que boivent les leaders libanais. Si les Slovaques boivent du Che, les Libanais devraient plutôt manger du Lion. De Damas.

|

25 juillet 2008

Pain heals, Chicks dig Scars, Glory lasts Forever

R. habite à Zahrieh, un quartier de Tripoli. Aujourd'hui sur skype, elle m'annonce qu'elle ne peut pas rentrer chez elle, et que ses parents se préparent à partir. La raison ? La même que d'habitude. Des abrutis se tirent dessus à l'arme automatique et au RPG dans les rues, tout simplement parce qu'ils ne sont pas d'accord sur le futur politique du Liban. Afin de prouver qu'ils possèdent le meilleur programme pour un avenir radieux libanais, ils en viennent aux "mains", un peu comme quand le pape prône la pauvreté depuis son palace romain ou que les islamistes brûlent des ambassades scandinaves pour montrer leur tolérance. Est-ce vraiment important ? Le Liban est à l'heure de la plage, et tout le reste peut bien attendre les premiers nuages. De plus, l'Iran, par la voix incroyablement candide ou cynique vice-président Reza Aghazadeh, annonce que la situation pourrait bien se calmer au Liban si le concert des nations, avec les Etats-Unis en soliste, se montrait ouvert sur un problème rédhibitoire : "si les négociations démarraient avec la communauté internationale sur le dossier nucléaire iranien, des solutions seraient alors trouvées pour beaucoup de problèmes comme l’Irak, le Liban ou le prix du pétrole ». Tout le monde l'aura compris, l'Iran pourrait bien remettre sa laisse à son chien de guerre hezbollahi si on lui fout la paix sur son nucléaire qui n'a d'autres ambitions que de fournir la population en électricité.

Est-ce si simple ? Imaginons que les négociations avec l'Iran sur le nucléaire aboutisse et qu'on lui laisse développer un programme digne d'un pays aussi "moderne", le hezbollah laisserait-il tomber la cause des fermes de Chebaa et au-delà ? Est-il possible de chauffer à blanc une population désoeuvrée pour finalement lui dire qu'on abandonne, qu'on arrête tout, qu'en fait les fermes on s'en fout et Israël n'est pas si important que ça ? J'imagine que les négociateurs de l'AIEA ne sont pas des perdreaux de la veille, et qu'ils savent très bien à qui ils ont à faire. Les déclarations du VP iranien laissent plutôt penser que la théocratie offre son chant du cygne et se trouve dans une impasse qui lui pousse à promettre n'importe quoi, comme un candidat aux élections dans une démocratie qui promet beurre, argent du beurre, cul de la crémière et stock-options de la coopérative. Affirmer pouvoir réduire le prix du pétrole en un claquement de doigts de mollah me paraît au mieux optimiste, au pire un vaste foutage de gueule. Surtout avec l'incident diplomatique qu'ont déclenché les Suisses en osant faire respecter la loi à Hannibal Kadhafi, fils du Commandeur, et honnête homme s'il en est puisque son frère joue au foot.

Franchement, qu'est-ce qu'il est passé par la tête des policiers genevois ? Comment ont-ils osé vouloir faire respecter les droits de l'homme en bafouant ceux du playboy, alors même que notre ancien président précisait "le premier des droits de l’Homme c’est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat". Les domestiques kadhafiens avaient tout cela, non ? Alors de quoi se plaignent-ils ? Notre président, actuel cette fois, a reçu le colonel, qui a pu déployer une magnifique tente Quechua pour s'abriter des rigueurs de Paris, et déclaré qu'on pouvait faire du commerce avec lui, c'est un honnête homme, la preuve son fils joue au foot. Les Suisses n'ont donc pas compris le message ? En représailles, et comme annoncé par la délicieuse fille du dictateur imberbe, les Suisses n'auront plus de pétrole. Mais ça leur donnera peut-être des idées. Notamment de réduire cette dépendance énergétique vis-à-vis des pétromonarchies ou pétrodictatures. Pas de négociations avec l'Iran, qui ne serviraient de toute façon à rien. Mais si on arrête d'acheter leur pétrole, la théocratie ne pourra plus armer des troupes de chiens de guerre qui font la guerre pour elle dans d'autres pays, comme l'Irak et le Liban. Le hezb sera affaibli, en attendant de trouver de nouveaux parrains. Et les jeunes filles pourront rentrer chez elle le soir, leur rue ayant cessé de ressembler à un mauvais western.

|
Weblog Commenting and Trackback by HaloScan.com