21 septembre 2006

T e k n i v a l au Liban

Viendra, viendra pas ? Le Hezbollah laisse planer le suspense sur la participation de son chef , Hassan Nasrallah le victorieux, à son grand raout de vendredi sur le thème de "We are the Champions". Comme personne n'en est vraiment convaincu, c'est une bonne idée de le faire savoir et la présence de l'idole des masses opprimées serait un symbole de la puissance du parti de dieu et de sa capacité à effrayer l'ennemi sioniste. Toutefois, celui-ci, habitué aux assassinats politiques, ne dédaignerait pas faire un carton sur Nasrallah à l'occasion de ses retrouvailles avec la lumière. Alors, le grand leader qui descend du prophète a peur de se faire abattre. Je ne comprendrai jamais les leaders religieux qui encouragent les autres à devenir des martyrs, mais ne font pas confiance à leur dieu pour les protéger. Le pape a une papamobile blindée, mais quel constructeur automobile voudra équiper Nasrallah ? Certainement pas ceux qui se prennent des procès en Californie pour atteinte au climat.

Quittons un temps l'ironie pour aborder l'hypocrisie. Seront présents à cette fête sans alcool Hezbollah, Amal, et également le courant alternatif de Michel Aoun, bien qu'une "source du CPL a expliqué la participation « spontanée et non organisée » de ses partisans par le fait que « la victoire appartient à tous les Libanais »". Donc, la présence des orangistes avec le Hezbollah, plutôt qu'avec les forces du 14 mars et le gouvernement, sera voulue par le peuple, mais pas par les dirigeants, qui savent pourtant déjà combien d'aounistes spontanés seront présents demain. Ce genre de petit paradoxe devient le propre de Michel Aoun, en qui les espoirs placés se sont avérés stériles voire contreproductifs. On a le prophète qu'on mérite.

Mais revenons à demain. Je vais essayer de trouver une fenêtre pour voir ce grand rassemblement qui ne manquera pas de ressembler à la Love Parade. J'ai déjà envoyé un petit mot à Nasrallah (M. H. Nasrallah, appt. 1, bunker 128, banlieue sud, Liban) pour le conseiller sur le livre qu'il devra brandir. Le pape a le Coran, Chavez le Chomsky, je lui ai donc suggéré de brandir les identités meurtrières d'Amin Maalouf. Mais de le lire avant, dans sa situation, c'est plus sûr qu'après...

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