16 juin 2006

Mondialisation : problèmes et opportunités

L'avantage de ce blog, c'est qu'il peut potentiellement être lu dans le monde entier, par Sylvie en Polynésie, jusqu'à la fameuse ville de Lowell dans le Massachusetts. L'inconvénient, c'est que découlant de cette possibilité géographique, il ne sera pas perçu de la même façon en fonction des cultures qu'il touche. J'ai déjà dit qu'un blog, c'est tout petit, c'est juste un espace de liberté pour celui qui l'anime (bien que visiblement, certains réfutent cette minuscule liberté d'expression), mais ça peut informer de manière détournée, et je lis beaucoup de blogs parce qu'ils me permettent d'avoir, en plus des informations officielles des médias établis, la température d'un pays ou d'une culture.
Ici, j'ai des lecteurs qui connaissent très bien le Liban, parfois mieux que moi, d'autres qui savent très bien ce que c'est que la France, et quelques-uns qui s'intéressent aux Etats-Unis, les trois pays où j'ai longuement séjourné et dont je parle fréquemment. Mais en fonction de ce que je vais dire sur l'un de ces trois champions, les réactions vont être très différentes, et je ne serai pas compris de la même manière. C'est l'inconvénient de la mondialisation, les cultures sont projetées les unes dans les autres sans précaution.
Ainsi, aujourd'hui, j'ai envie de dire du bien de Samir Geagea pour les propos qu'il a tenu à propos du Hezbollah, en arguant qu'il "devrait remettre son arsenal à l’État et se transformer en force de réservistes à la disposition de l’armée, laquelle devrait enfin pouvoir se déployer au Liban-Sud. " et aussi en plaidant pour "la restitution du monopole de la violence légitime à l’État".
Pour des lecteurs français, je parle juste d'un chef de guerre libanais, certains savent qu'il s'agit du leader des Forces Libanaises, et il s'agit donc d'une opinion, une de plus, concernant les activistes barbus. Mais pour les Libanais, j'ai peur que l'interprétation soit que je me positionne politiquement par rapport à Geagea, pour lequel pourtant jusqu'à présent j'éprouvais plus de la suspicion que de l'admiration. Les Libanais (je dis ça pour les Français) sotn très politisés, ce qui pour moi est une qualité chez un peuple, mais la lutte politique prend parfois des aspects guerriers. Dire du bien de Geagea peut être vu comme une allégeance, tout comme, en France trouver intéressantes les propositions de Ségolène Royal sur la délinquance me classerait tout de suite en supporter PS. Au final, les peuples politisés comme les Français et les Libanais ont tendance à juger vite les discours et les assimiler à des prises de position. Aussi, j'essaie de faire attention à ce que je dis, en essayant de conserver le contexte, et pour éviter d'être mal compris.
C'est clair ? Non.
Je résume. J'ai apprécié ce qu'a dit Samir Geagea. Je ne peux pas voter pour lui. Je ne voterais pas pour lui. Mais je trouve bien ce qu'il dit et je le dis. Suis-je pour autant un suppôt FL ?
Déjà que l'Europe c'est pas gagné, alors la mondialisation culturelle...

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