25 février 2004

La consommation au Liban est une chose curieuse. Le salaire moyen est assez bas, environ 800 $ pour un employé, mais cet employé se doit de consommer au-delà de ses revenus. Le Liban a une densité de 4x4 et de Mercedes incroyable. Et les marchands de cellulaire font fortune dans ce pays tant il importe d'avoir le dernier Nokiola-Samsungsson à la mode. De grandes enseignes ont flairé le filon, notamment Spinneys, soutenu par le britannique Tesco, le BHV ou le Monoprix, appartenant tous deux à la même famille, et bientôt Carrefour. Mais une enseigne locale tire plutôt bien son épingle du jeu en créant des mini-malls, l'ABC. Son dernier projet, situé en plein coeur d'Achrafieh, quartier chic et chrétien, s'étend sur plusieurs étages et regroupe toutes les enseignes qui comptent en matière de mode et de restauration, avec une concession à la "culture" : Virgin Megastore et la librairie Antoine, une chaîne présente dans tout le Liban. Ce nouveau mall est fastueux, l'équivalent de ce qu'on pourrait trouver dans une ville moyenne française, mais pose la question récurrente : qui a encore les moyens de consommer au Liban ? Pour un pays qui se dit pauvre, le Liban sauve magistralement les apparences.

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