17 mars 2005

La fin d'un âge d'or

L'Orient-le Jour nous confirme le départ des Services de renseignement (SR) syriens, ce qui est étrangé car la Syrie niait jusqu'à une date récente entretenir ce genre d'activités au Liban. La description de leur antre laisse imaginer la délicatesse de leurs pratiques à l'encontre des Libanais frondeurs.

Depuis hier, la capitale du Liban n’abrite plus de soldats et des membres des SR syriens. Comme annoncé hier, les SR ont achevé hier leur retrait de Beyrouth, en quittant le centre dit du « Beau Rivage », du nom de l’hôtel tout proche.Des dizaines de membres de ces services, en civil et munis de leurs fusils mitrailleurs, ont été ainsi vus montant dans des autobus libanais privés après avoir détruit les parpaings et les guérites devant les permanences, alors que les officiers des SR syriens sont partis à bord de voitures individuelles. Auparavant dans la matinée, des camions ont chargé les meubles et les effets personnels qui se trouvaient dans les bureaux. Aussitôt après le retrait des SR, les journalistes se sont précipités sur les lieux pour découvrir ces bureaux qui ont terrorisé les Libanais pendant près de trente ans. Chambres souterraines de la taille d’une cellule, documents brûlés et murs repeints à la hâte pour effacer les graffitis des gens qui y avaient séjourné. le spectacle laisse libre cours à l’imagination. Mais très vite, les soldats libanais se sont déployés sur les lieux et ont demandé aux journalistes de sortir, avant de refermer soigneusement les bureaux.

Un autre article raconte les souffrances d'un ex-détenu :

Il ne veut pas dévoiler son identité, mais, encore incrédule, il a tenu à venir voir de ses propres yeux l’évacuation du siège des services de renseignements militaires syriens de Ramlet el-Baïda à Beyrouth, où il a « séjourné dans une cellule » avant d’être emprisonné cinq ans en Syrie.« Ils sont venus en 1989 dans mon magasin à Ouzaï, m’ont accusé de travailler avec Yasser Arafat et m’ont aussitôt emmené dans cet immeuble de Raouché », sur le bord de mer, raconte, à Ramzi Haïdar de l’AFP, cet homme de 47 ans.« Dans la cellule, ils m’ont battu, torturé avec un fil électrique qu’ils m’ont accroché à la langue. Quelques jours plus tard, ils m’ont transporté à Anjar, où j’étais entre les mains d’un certain Abou Youssef, surnommé aussi Nabi Youssef. Mon périple s’est terminé à Damas, dans la “section Palestine”, également appelée “section 235”, où j’ai été détenu jusqu’en 1994. Ils m’ont relâché sans qu’il n’y ait jamais eu aucune forme de jugement », raconte-t-il.

Que voulez-vous, quand on a appris avec les meilleurs experts soviétiques en torture, on sait vite créer l'ambiance. Bon, ça sent le Tribunal Pénal de La Haye tout ça, non ?

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